Recruteur et candidats

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jeudi 9 octobre 2014

Mon conseil à Stanislas, laissez vos envies faire votre carrière !

Cher Stanislas,

Diplômé à la rentrée 2014, d’un Master 2 Management des Ressources Humaines à l’université Lille I, vous m’interpellez par mail et m’exposez votre situation :

« … Je suis actuellement en stage chez Rémy Cointreau en développement RH. Ce métier me passionne, notamment en raison de la diversité des missions et de l'aspect stratégique de celui-ci. Mon mémoire de fin d'études porte d'ailleurs sur l'acculturation digitale de l'entreprise et du rôle stratégique des RH dans celle-ci … »

Tout en m’évoquant votre projet professionnel :

« … A travers le développement RH, j'ai également découvert le recrutement qui m'intéresse énormément. Aussi, je pense à explorer plus avant ce métier grâce à une expérience dans un cabinet de recrutement … »

Puis, vous m’interrogez :

« … Cependant, certains énoncent qu'une telle expérience en cabinet de recrutement, aussi jeune, rend le retour en entreprise très compliqué, à la fois en raison de la grande spécialisation et de la particularité du fonctionnement des cabinets. J'aurais donc aimé obtenir votre avis sur la question. Pensez-vous que ce type d'expérience pourrait trop m'enfermer ? Sur quel type de fonction en entreprise pourrais-je commencer ? … »

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A juste titre et comme de nombreux jeunes diplômés, vos interrogations sur votre projet professionnel sont nombreuses. A cela rien de bien dramatique, nous sommes tous passés par là ! Néanmoins, vous avez un avantage sur nombre de vos coreligionnaires de fin d’études, vous avez déjà défini votre projet professionnel : évoluer dans le développement RH et débuter votre carrière par le recrutement. Vous disposez donc d’un atout indéniable dans votre recherche d’emploi ! Il en reste pas moins que vous êtes inquiet et souhaitez choisir la bonne porte d’entrée : l’entreprise ou le monde du conseil.

Sous le prisme d’une activité de recrutement, entreprise et conseil sont deux environnements très proches l’un de l’autre. Car une même dynamique vous animera au quotidien, celle de donner le bon conseil au manager en situation de recrutement. C’est-à-dire l’amener à prendre la meilleure des décisions. Peu ou prou, vous développerez donc les mêmes compétences en entreprise ou en cabinet. A contrario de vos comportements au travail qui seront là, certainement, différents : plus orientés sur le partage et le collaboratif pour l’entreprise ; l’autonomie et la prise de décision pour le Conseil, ainsi que le développement de vos aptitudes commerciales.

Par ailleurs, et même si, le premier emploi forge certains de nos comportements au travail et marque plus ou moins fortement notre « identité professionnelle ». Celui-ci n’est plus, comme il l’a pu l’être, l’Alpha et l’Omega de toute une carrière. En effet, le monde du travail a très fortement évolué ces dernières années. Même en France ! Pays où l’on aime mettre les gens dans des cases ! Les frontières s’estompent peu à peu entre les différents secteurs d’activité. De même que les digues entre public et privé s’effritent. Le temps des carrières monolithiques est bel et bien révolu. Ainsi que les fameuses voies royales et les chemins de carrières entièrement balisés menant au saint des saints, au mythique et fameux Bâton de Maréchal !
Et même si, les « allers-retours professionnels », c’est-à-dire les changements de secteur, d’environnement, de métier ou même les réorientations professionnelles sont parfois compliquées et ardues. Elles le sont certes, mais beaucoup moins qu’avant !

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Pour poursuivre notre réflexion et vous aider dans votre choix, je vous invite à prendre un peu de recul en imaginant l’entièreté de votre future carrière professionnelle. Pour cela, commençons par la fin ! Pour nous retrouver le 12 septembre 2060, le jour de votre pot de départ à la retraite ! Né en 1991, vous pourrez prétendre à un départ à la retraite en 2053, à l’aube de vos 62 ans ! Néanmoins et si vous souhaitez bénéficier d’une retraite à taux plein, vous devrez cotiser 43 ans. Ce qui nous mène à l’horizon 2058… Au mieux, c’est-à-dire sans interruption de cotisation et sans nouvelle réforme de nos systèmes de retraite. La date du 12 septembre 2060 me semble donc plutôt réaliste, et ce jour-là du haut de vos 69 ans ! Vous relativiserez certainement l’impact de votre premier emploi sur votre longue et belle carrière !

Tout au long de votre carrière, vous changerez certainement de nombreuses fois d’entreprises et naviguerez dans différents domaines d’activités, comme en 2043, quand vous créez votre entreprise de conseil en prescription de savoir-être ! Les « allers-retours professionnels » jalonneront votre parcours et se mêleront à des périodes d’inactivités, notamment en 2038, vous profiterez d’un PDVPAE (Plan de Départ Volontaire au Profit des Androïdes en Entreprises). Après avoir connu la gloire pendant 4 belles années, de 2034 à 2038, au sein d’ISMATA le leader Chino-indien d’implants cérébraux en tant que Virtual Community Talent Acquisition HR 5.0 bien installé dans votre Virtual co-working Space !

De même, tout au long de votre vie professionnelle vos compétences devront évoluer et vos capacités d’apprentissage seront mises à rude épreuve. En effet, sous l’impulsion du numérique et de la digitalisation, le monde du travail évolue de plus en plus rapidement. Les compétences demandées aujourd’hui, ne seront certainement plus d’aucune utilité, voire, peut-être même un handicap dans quelques années… Savoir se servir d’une plume Sergent Major ou d’un minitel, est-ce un handicap ou une compétence en 2014 ? La réponse semble quelque peu évidente, pour des technologies des années 60 ou des années 80… Mais l’accélération est en route dans le monde du travail, vous rendez vous compte que 80% des connaissances actuellement pertinentes dans l’exercice de la plupart des métiers seront sans utilité dans dix ans ? Alors, En 2026, quelle importance aura votre premier job sur votre carrière au sein du Ministère du Big data et de la digitalisation en tant que Chargé d’expansion numérique de la relation au travail ?

Cette réflexion autour de votre hypothétique parcours professionnel n’est certainement que fantasmagorique et quelque peu capillotracté, je vous l’accorde… Il en est néanmoins une date qui elle ne l’est pas : le 12 septembre 2060 ! Une date qui nous amène bien loin et qui me pousse à vous écrire de vous libérer des avis et des idées toutes faites ! Faites-vous avant tout plaisir, choisissez ce qui vous fait envie et vous motive ! Avoir fait des études supérieures, vous met en capacité d’apprendre et surtout d’apprendre vite ! Donc de passer d’un poste à un autre, d’une entreprise à l’autre et d’un environnement à l’autre.
Il est évident que chacune de nos expériences compte, donnant une direction, une orientation ou une impulsion à notre carrière. Que certaines sont plus déterminantes que d’autres ! Néanmoins, c’est votre envie et vos motivations qui feront votre parcours et non pas, en tout cas prioritairement les environnements dans lesquels vous aurez travaillé. N’oubliez que c’est vous seul qui agissez sur le monde et non le monde qui agit sur vous ! Bien que parfois…

Espérant vous avoir apporté mon éclairage, je vous souhaite de réussir dans votre projet professionnel et, surtout, n’oubliez pas de m’inviter le 12 septembre 2060 !

jeudi 7 mars 2013

Mon conseil à Elyasse, faites la différence avec votre lettre de motivation

Cher Elyasse,

Après un Master 1 en Droit Européen et International, vous décidez de réorienter votre projet professionnel dans les R.H. par l’obtention d’une Licence Professionnelle Doit Social, Ergonomie et Relations Sociales.

Vous m’interpellez par mail et m’exposer votre situation :
« … je suis dans le cadre de mes études à la recherches d'un stage de fin d'études dans le domaine du recrutement … »

Tout en me questionnant :
« … j'aimerais connaître votre avis concernant la rédaction de mon CV et ma lettre de motivation … ».
« … De plus, je souhaiterais connaître votre point de vue et conseils afin de faire la différence avec un candidat qui à une expérience dans le domaine RH… ».

Attardons-nous sur la lettre de motivation. Un sujet pour le moins épineux dans le milieu du recrutement, qui anime le débat et les querelles entre les « pro » et « anti ». Ces derniers n’hésitant pas à la vilipender et à la brocarder ; la rangeant pour certains dans la catégorie des outils inutiles, voire anachronique, pour les plus 2.0 d’entre-nous ! Et en effet, elle peut paraître vieillotte, surannée et quelque peu dépassée ; car enfermée dans un classicisme de forme et de fond, qui se conjugue difficilement avec nos habitudes de communication moderne !
Quant aux candidats, dans leur grande majorité, ils la détestent ! D’une part, parce qu’ils se disent que c’est une perte de temps, pensant que les recruteurs ne la liront pas. D’autre part parce qu’écrire une belle lettre de motivation est un exercice difficile. Alors, ils s’enferment dans ce classicisme de fond et forme, délivrant des lettres qui se ressemblent toutes, sans style, sans intérêt, insipide… Qui en définitif n’invite pas à la lecture. La boucle est bouclée, le Recruteur ne prend donc plus le temps de les lire !
Le constat étant posé, le plus simple serait donc de s’en passer et d’enterrer définitivement la lettre de motivation ! Mais simplicité ne rimant pas avec excellence, ce que le recrutement requiert, une telle solution ne peut être envisagée. D’ailleurs qui pourrait contredire, qu’écrire ses motivations de belles manières, fait, très nettement, la différence entre les « bonnes candidatures » et les « excellentes candidatures » ?

homme désespéré en recherche de solution
Ce dernier postulat ne pouvant qu’être appuyé par la réalité du monde de l’entreprise ; où e-mail, note de synthèse, contre rendu, rapport… règnent en maître. Alors, pourquoi la maîtrise de l’écrit ne serait pas un élément déterminant de première sélection ? Sans compter, que le Recruteur est conscient que rédiger une lettre de motivation est un exercice ardu et difficile. Réussir un tel travail, c’est donc s’afficher comme un candidat qui fait la différence avec les autres. D’autant plus dans la recherche d’un stage, où la concurrence est nombreuse. Et encore plus pour un candidat en réorientation, qui ne bénéficie pas d’une première expérience dans le domaine recherché.
Par ailleurs, réaliser une lettre de motivation permet de se poser les bonnes questions sur son projet, de s’en convaincre et aussi d’apparaître en maîtrise de celui-ci auprès du Recruteur ! De plus, la motivation est le moteur essentiel à toutes réussites. En effet, chacun peut posséder les compétences, les savoirs, la personnalité et même certains talents pour réussir dans un poste. Néanmoins, s’il n’en a pas les motivations, l’échec sera certainement au rendez-vous !

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S’agissant de votre lettre, je vous en propose cette analyse :

- Au premier coup d’œil, elle paraît bien trop longue, je vous conseille de vous contenter de douze à quinze lignes. N’oubliez pas que votre courrier sera « noyé » dans la masse des autres candidatures. Attirez l’œil du recruteur par un texte court peut-être une stratégie gagnante.

- Sortez du classicisme de formes, passez-vous de « l’objet », cela ne sert à rien, au mieux rappeler la référence en bas de page ! « A l’attention » ne sert à rien, un simple « Madame… » peut suffire. Je vous invite aussi à gagner de la place, en enlevant votre adresse (déjà sur le CV), inscrivez seulement votre numéro de téléphone en dessous de votre prénom et nom. Cela peut vous paraître des détails, mais qui peuvent vous présenter comme une personne pragmatique.

- Le premier paragraphe n’apporte, malheureusement, pas grand chose et alourdit votre lettre, ce n’est qu’un simple rappel d’informations qui se trouvent déjà sur votre CV ! Préférez une introduction sur l’entreprise, pour vous aider dans votre rédaction, pensez « votre entreprise m’intéresse parce que … ».

- Le deuxième paragraphe peut paraître un peu trop « tarte à la crème »… Si vous souhaitez parler de l’entreprise, écrivez plutôt sur son actualité ou sur une de ces spécificités. Avouez que la formule « acteur de référence tourné vers la satisfaction des clients et qu’il se donne les moyens d’être présent sur les marchés en forte progression » peut se prêter à de nombreuses entreprises.

- Le troisième paragraphe commence bien mal « Dynamique et organisé », vous n’imaginez pas le nombre de Candidats qui le sont ! Sans compter que vous rajouter par la suite que vous avez « une grande capacité d’écoute et d’adaptation » ; malheureusement un peu comme toute le monde… N’avez-vous donc pas des qualités ou des expériences qui vous rendent quelque peu unique ? Je suis certain qu’en cherchant bien vous allez en trouver… Pourquoi ne pas questionner votre entourage ? Je suis convaincu qu’il vous aidera à mettre des mots sur vos atouts et talents !

- Le quatrième paragraphe est le plus intéressant et le plus pertinent ! En effet vous y exposez votre projet « m’impliquer à travers le processus de recrutement des intérimaires en proposant une méthodologie adaptée aux compétences recherchées ». C’est dans ces deux lignes que se trouvent votre véritable motivation, faites-en le pivot central de votre lettre ! Pour attirer l’œil du recruteur, pourquoi ne pas les souligner, ou utiliser le « gras », ou encore les coloriser en bleu, comme un lien hypertexte… Le recruteur y glissera certainement sa souris, l’habitude du lien, et donc lira cette partie de votre lettre… Soyez agile tel un sioux sur le sentier de la « guerre des talents » !

Je vous invite donc à écrire une nouvelle lettre de motivation de douze à quinze lignes. De faire habillement ressortir votre projet autour de trois paragraphes de quatre lignes maximum, qui auront pour thème : « vous » (l’entreprise), « je » (le candidat), « nous » (la collaboration). Pour finir par un dernier paragraphe de deux à trois lignes : la conclusion. Dans cette dernière partie, proposez à votre lecteur un RDV ou de le rappeler dans une dizaine de jours pour « prendre » des nouvelles de votre candidature.

Vous souhaitant de réussir dans votre projet professionnel.

vendredi 7 décembre 2012

Mon conseil à Aurore : considérer le CDI comme un objectif non pas comme priorité

Chère Aurore,

Vous m’interpellez par mail et vous me résumez votre jeune parcours professionnel :

« … A l’obtention du Master 2 Communication d’Entreprises, en été 2008 au tout début de la crise, j'aurais accepté un CDI -Chargée de communication/promotion- si j'en avais eu l'opportunité … »
« … Mais ce ne fut pas le cas. Au lieu d’attendre, j’ai opté pour l’acquisition d’un maximum d’expériences pour ajouter des cordes à mon arc. J’ai donc eu un CDD, puis un autre... J'ai été peu regardante sur les conditions, je n'ai pas hésité à déménager. Je visais surtout des missions intéressantes et à chaque fois différentes … »
« … Je savais qu'on m'engageait quelques mois seulement (remplacement congé), je connaissais les règles du jeu, mais "on ne sait jamais"... Cela pouvait aboutir à un CDI temps plein, chez l'employeur ou son réseau … »

Tout en faisant le bilan de votre situation :

« … Depuis 10 mois, soit la fin de mon dernier CDD, je me focalise uniquement sur la recherche de « THE EMPLOI EN CDI », pensant avoir cumulé assez d’expériences, et ne croyant plus à l'expression "on ne sait jamais". De plus, j'ai besoin de stabilité pour pouvoir me projeter … »
« … Pour cela, je fais du réseautage, des candidatures spontanées, et je ne réponds qu’aux offres donnant la possibilité d’un CDI, même si cela commence d'abord par un CDD/intérim, je réponds seulement à celles qui me permettent de me projeter dans l’avenir. Je ne suis fermée à aucun secteur, même si une spécialisation tourisme/ culture/ événementielle ressort dans mon CV … »

Puis, vous me questionnez :

« … Les employeurs doivent prendre peur à la vue de toutes mes expériences et des lieux où j’ai vécu. Ils se disent qu'aucun de mes employeurs n’a voulu me garder et que je suis instable ? ... »

Rassurez-vous ! Les employeurs ne prennent pas peur à la lecture de vos diverses expériences et ne vous classent pas dans la catégorie des instables. Après quatre années de crise et un chômage toujours en hausse, les employeurs sont au fait de la situation économique et des difficultés pour les jeunes à s’insérer sur le marché du travail. Votre CV est un grand classique chez les moins de 30 ans ! En effet, votre début de carrière ressemble à bien des CV avec 2 à 5 d’expériences professionnelles. L’atteinte du fameux de « THE EMPLOI EN CDI », le graal que tous jeunes français cherchent à atteindre, n’est obtenu pour 80% d’entre-eux qu’entre 25 et 30 ans. Vous êtes donc dans la « norme » ! Vous n’êtes ni un cas à part, ni une personne instable. Vous avez plutôt fait face à une réalité du marché de l’emploi en multipliant les expériences, les acquis et les compétences.

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Pour faire gagner en clarté votre CV, je vous conseille de faire apparaître les raisons de vos CDD, notamment si ceux-ci se sont fait dans le cadre de remplacements. Cela vous permettra de rassurez certains employeurs, le remplacement menant rarement à un CDI ! Pour atténuer à la lecture de votre CV, cette sensation de « foison d’expériences ». Séparez vos stages de fin d’études de vos CDD en deux parties bien distingues. Vous passerez ainsi de 8 expériences à 5 CDD et 3 stages, effet garanti pour gagner en lisibilité auprès d’un Recruteur.

« … Je postule souvent à Lyon. Serait-ce plus judicieux de m’y m’installer avant et afin de trouver un emploi ? … »
« … La courte distance entre Dijon (où je me trouve) et Lyon est-elle réellement un frein pour un recruteur ?...»

Dans une période de crise et de forte intensité du chômage, le marché de l’emploi se tend… La guerre des talents devenant aussi une guerre entre les talents : la compétition entre candidats s’exacerbe et s’intensifie ! A dossier de candidature un peu près égal; le candidat qui sera sur le bassin d’emploi de l’entreprise sera préféré, c’est une dure réalité du marché de l’emploi ! Alors même que les entreprises prônent la mobilité et la flexibilité, la « schizophrénie entrepreunariale » atteint son paroxysme dans ces périodes d’incertitudes économiques. Il semble alors moins risqué de recruter à proximité de l’entreprise.
Le « frein » du Recruteur est donc bien une réalité à prendre en compte dans votre recherche emploi. Il est peut-être judicieux de vous rapprocher du bassin d’emploi lyonnais certainement plus prometteur en terme d’emploi que le bassin dijonnais !

« … Ai-je choisit la bonne solution à la sortie de mes études? A l’heure où mes camarades de promo cherchaient directement le CDI, quitte à attendre longtemps, moi j'ai voulu travailler au plus vite … »

C’était votre décision, le passé est le passé, rien ne sert d’y revenir ! Mesurez plutôt ce que cela vous a apporté en terme d’expériences, d’enrichissement personnel, de découvertes, d’ouvertures… Travailler et accumuler des compétences est à mon avis plus payant qu’attendre ! L’essentiel étant d’être cohérent dans ses choix et de toujours suivre son projet professionnel, ses envies et ambitions.

« … Ai-je choisit la bonne solution cette année : arrêter les CDD pour ne focaliser que sur les CDI ? … »

De même, revenir sur le passé ne vous apportera pas grand-chose ! L’essentiel étant de vous projeter sur l’avenir ! Néanmoins, vous n’avez pas pris la bonne décision. En effet, une des spécificités du marché du travail français se définit par un phénomène, celui des « insiders /outsiders ». Concept tout droit sorti d’un courant de pensée économique né dans les années 80 la « nouvelle économie keynésienne », qui a pour pilier principal la viscosité des prix et des salaires et non leur flexibilité; viscosité due pour l’essentielle à certaines imperfections comme le concept des « insiders /outsiders ». Ce dernier s’exprimant en France par une préférence aux « insiders », c'est-à-dire aux personnes déjà en emploi à contrario des « outsiders » ceux qui sont aux portes de l’emploi. Il est donc toujours plus facile de trouver une emploi lorsque l’on est en poste que lorsque l’on est sans activité. La décision d’embauche ou de sélection d’un candidat n’est pas que pragmatique, c'est-à-dire basée seulement sur le salaire, les contraintes, les compétences… C’est avant tout une décision humaine, très empreint de subjectivité et donc d’imperfection.

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L’une des parades possibles pour remplir « ce vide » de 10 mois sur votre CV, qui n’en est d’ailleurs pas un et de le « remplir ». Pourquoi ne pas le présenter sur votre CV comme une expérience à part entière ? Vous pourriez préciser le cadre de votre recherche, le nombre de réponses aux annonces, votre activité de « réseautage », le nombre d’entretiens…

« … Je doute maintenant de moi : c’est comme si j’étais bien utile temporairement et que quand il s’agit de m’embaucher vraiment, personne n’est intéressé…. »

Ressentir du doute après une période intense de recherche d’emploi, après ne pas avoir atteint l’objectif que vous vous étiez fixé. C'est-à-dire décrocher ce fameux CDI dont de nombreux jeunes et moins jeunes rêvent ! Cela me semble tout à fait normal, salutaire et prouve votre attachement à trouver un emploi en correspondance avec vos études et projets !
Par ailleurs, ne rejetez pas la responsabilité de cet échec sur vous et vous seule ! Il y a toujours dans ce genre de situation une partie à charge et à décharge… A votre charge, vous avez peut-être un peu trop préjugé de la situation du marché de l’emploi et de certaines imperfections de ce dernier en vous concentrant exclusivement sur la recherche d’un CDI ! A votre décharge la situation n’est pas à votre avantage, notamment dans les métiers de la communication et de l’événementiel, qui sont bien souvent les premiers budgets à être réduits en tant de crise.
Par ailleurs et pour « positiver » sur vous, pensez à toute cette diversité que vous ont permis vos nombreuses expériences qu’un CDI n’aurait pu vous apporter ! Toutes ces rencontres, ces différences, ces situations qui n’auraient jamais été votre au travers d’un seule expérience !

« …. Que pensez-vous de mon profil ? Quels conseils me donneriez-vous pour améliorer mes candidatures ? … »

Un profil ne s’évalue pas dans l’absolu, mais en rapport avec un poste ! Il est donc difficile pour moi de vous définir et de vous évaluer à la seule vue de votre CV, lettre de motivation et projets… Mais pour vous rassurez, votre profil n’est en rien « instable », votre accumulation de CDD n’est en rien un frein pour les recruteurs, mais plutôt une norme pour des jeunes en insertion sur le marché de l’emploi… D’ailleurs le temps de cette insertion s’allonge et le fameux CDI se décroche de plus en plus tard ! Pour vos prochaines candidatures, reprenez votre bâton de pèlerin et s’il le faut emménager à Lyon, cette ville est magnifique ! Engagez-vous dans de nouveaux CDD, faites-vous plaisir dans la diversité, ayez le CDI comme objectif et non pas comme une priorité et celui-ci viendra à vous !

Espérant avoir pu vous aider dans votre recherche et vous souhaitant de réussir dans vos projets !

mardi 20 novembre 2012

Mon conseil à Nicolas: faites la différence avec votre Lettre de Motivation

Cher Nicolas,

Comme de nombreux lecteurs de RecruteuretCandidats, vous m’interpellez par mail en exposant votre situation et le cadre de votre recherche :

« …Je suis actuellement en stage de fin d'étude d'école d'ingénieur et également en recherche d'emploi dans le secteur aéronautique. J'aimerais si c'est possible avoir un avis sur une de mes lettres de motivation et mon CV, de telle sorte que mon dossier puisse sortir du lot… »

Constituez un dossier de candidature (CV et Lettre de Motivation) qui sorte du lot est un excellent objectif ! Que tout candidat devrait se fixer avant d’inonder le marché de candidatures « bateau » et interchangeables, car si peu différentes les unes des autres. Vous concernant, l’enjeu est d’autant plus prégnant. En effet, bien qu’ami avec la plupart des élèves de votre promo, vous allez d’ici quelques mois être en concurrence avec eux. La guerre des talents se jouant aussi bien du côté des entreprises, mais aussi entre les candidats et d’autant plus entre jeunes diplômés ! Car vos collègues viseront certainement les mêmes entreprises que vous citez dans votre mail : « … groupe EADS (Airbus, Eurocopter, MBDA), Dassault Aviation, Safran, Alstom… », et auront par ailleurs suivi le même cursus que vous.
Il est donc impératif d’affûtez vos armes : CV et Lettre de Motivation pour vous faire remarquer par le Recruteur !

Concernant votre CV, je vous propose de faire quelques modifications :
- Le titre est fondamental, c’est là que va se porter le premier regard du Recruteur, il se doit d’être accrocheur, percutant, de vous situer professionnellement et surtout donner envie de lire la suite ! Supprimer le terme « élève », vous n’êtes plus à l’école, et même si pour l’instant le titre d’Ingénieur n’est pas encore vôtre. N’oubliez pas que vous postulez à un emploi et non à un stage ! Limitez votre titre au simple « Ingénieur ISAE » est un peu court. Sans compter que potentiellement tous vos camarades de promo peuvent l’utiliser en titre, soyez plus créatif et différenciez-vous ! C’est l’endroit idéal pour placer votre projet professionnel, vos ambitions et/ou certaines de vos spécificités.
- Inversez votre pavé « formation » avec « Expériences Professionnelles et Projets », il s’agit pour vous de mettre en avant, non plus vos études mais vos dernières expériences professionnelles. Vous pouvez d’ailleurs dans la partie « formation » supprimer Bac et prépa, vous gagnerez de la place pour développer la partie « expériences ».
- Rajoutez la partie « projets » à vos expériences est une bonne idée, mais allez au bout de celle-ci et faites deux parties distinctes, l’une « expériences » et l’autre « projets ». Par ailleurs, il faut développer la présentation de vos trois expériences et projets majeurs. Deux lignes c’est bien trop court ! Dites-nous en plus et notamment en terme d’objectifs, de résultats, de cadre de travail, d’équipes, citez vos tuteurs de stages, donnez au recruteur l’envie d’en savoir plus : appâtez-le !

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Concernant votre Lettre de Motivation, c’est l’outil qui vous permettra de faire la différence. Car peu ou prou vous aurez le même CV que vos camarades de promo, mais votre projet est quant à lui unique.
Il s’agit donc dans cette Lettre de Motivation d’exposer clairement : votre projet, vos ambitions et votre personnalité… Notez que bien souvent ce qui fait la différence entre un bon et un excellent dossier de candidatures, c’est la lettre de motivation. C'est l'outil qui vous permettra de vous révéler comme unique auprès du Recruteur !

Par ailleurs, il est important de respecter deux règles règles essentielles :
- Un maximum de 20 lignes, il faut savoir être synthétique, précis et clair dans la présentation de votre projet professionnel !
- Evitez le verbiage, votre deuxième paragraphe est inutile et ne nous n’apporte absolument rien ! Vous avez des valeurs communes à Eurocopter, well done ! Prouvez-le, pourquoi ne pas faire le parallèle avec la construction de votre ULM « Rev’Ailes », plus intéressant que le « blabla » habituel, du genre : « …une entreprise en plein essor, jeune et dynamique… ».
Votre troisième paragraphe est intéressant, vous nous détaillez votre projet de recherche aux USA. Cette partie aurait peu être développée sur la partie CV, mais la placez là se tient aussi… Néanmoins, il nous manque une partie essentielle, c’est l’explication du choix de vos projets et stages, et de votre projet professionnel. Le maître mot étant d’être cohérent et de démontrer la ligne directrice de votre jeune parcours professionnel. En effet, dans votre lettre de motivation vous devez faire ressortir ceci :

« … j’ai fait ce stage parce que je voulais développer ceci, j’ai fait ce projet parce que je voulais acquérir telles compétences… Tout ceci dans le cadre de mon projet professionnel qui est de… »

Attention d’ailleurs à votre dernier paragraphe ! Vous vous donnez un peu le bâton pour vous faire battre avec cette phrase : « …sont la preuve que le profil d’ingénieur ISAE réponds à vos attentes… ». Certes ce profil intéresse vos cibles, mais là vous ne vous différenciez pas ! Dites-vous bien qu’en plus de ces profils, ce qui intéresse vos cibles ce sont aussi votre personnalité, vos comportements, vos talents et vos motivations.

Espérant avoir pu vous conseiller au mieux et vous souhaitant de réussir dans vos projets.

mercredi 3 octobre 2012

Mon conseil à Justine : Choisir c’est aussi renoncer !

Chère Justine,

Vous m’interpellez par mail sur votre projet professionnel :

« Au départ, je me suis engagée dans une licence en Ressources Humaines pour continuer sur un master. Cependant, je me suis vite rendue compte que je ne voulais pas spécialement avoir un poste à responsabilité dans le domaine des Ressources Humaines, c'est pourquoi j'ai arrêté mes études…Le domaine des Ressources Humaines m'intéresse toujours, mais je voudrais faire une formation complémentaire afin de diversifier mes compétences comme par exemple une formation QSE.
Je pense que cette formation me permettrait d'être plus polyvalente dans le cadre d'une PME afin de m'occuper de la sécurité, des RH, de la qualité...
Et dans une plus grande entreprise je pense que cela pourrait être un plus dans le cadre d'audit, de la GPEC ...
Durant mes expériences professionnelles, j'ai travaillé en collaboration avec le service qualité (création d'un livret QSE) et dans mon poste actuel, je suis amenée à participer à des audits (GPEC)
Lorsque je parle avec mon entourage de mon choix de formation QSE, j'ai des avis un peu contradictoires, c'est pourquoi je me permets de faire appel à vous et à votre regard de professionnel. Une double formation RH et QSE est-elle cohérente est valorisable sur le marché du travail ?
Mon autre choix de formation se porterait sur une formation à la création d'entreprise pour être conseillère ou une formation plus approfondie en ingénierie de formation afin d'être conseillère en formation. Qu'en pensez-vous ? »

En introduction et avant de répondre à vos nombreuses interrogations, sachez que la valorisation de votre formation sur le marché de l’emploi dépend pour l’essentiel de votre projet professionnel !
Néanmoins et en vous lisant, il apparaît clairement que celui-ci reste à déterminer. Vos hésitations ne font que concourir à vos incertitudes professionnelles et à celles de votre entourage.

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Je m’interroge sur votre volonté de faire des études supérieures et de n’avoir pas envie d’un « poste à responsabilité dans les RH ». Cela me semble quelque peu contradictoire ; faire des études et vous spécialiser vous amèneront, tôt ou tard, à avoir un poste à responsabilité… D’autant que le domaine des RH vous « intéresse » ! Il va donc falloir faire un choix et surtout vous poser la question sur ce frein que semble représenter pour vous « un poste à responsabilité dans les RH ».
Concernant votre projet de double formation, je pense que vous êtes dans l’erreur. En effet, diplômée d’une licence RH, vous souhaitez finaliser votre formation par Master QSE. Sachez que cette orientation ne vous donnera pas une double formation RH et QSE… Pour cela, il vous faudrait un Master1 RH et une spécialisation en Master2 QSE. Je vous conseille donc de clore votre cursus initial en RH, finissez ce que vous avez entrepris, cela ne sera que plus rassurant pour vos futurs employeurs ! Car ce qui compte dans un parcours professionnel, mais aussi dans un parcours de formation initiale : c’est la cohérence et la détermination.

Par ailleurs, votre désir de double formation est louable et ne peut vous apporter que du plus, notamment dans un environnement PME, où les multi-compétences sont appréciées à leur juste valeur et très recherchées. Les missions de la RH et les activités QSE sont bien souvent liées, notamment sur le S (sécurité) et les conditions de travail, une double formation dans ces deux domaines est donc cohérente. Néanmoins et j’insiste, simple ou double votre formation n’aura de réelle valeur sur le marché de l’emploi qu’avec un réel projet professionnel !
Sur ce dernier point vous avez encore beaucoup de travail ! N’envisagez-vous pas d’ailleurs une formation en création d’entreprise ou en ingénierie de formation… Il est temps pour vous de faire le tri entre toutes vos idées et de faire des choix !
Je comprends très bien que votre entourage y perd son latin… Pour résumer : Justine fais des études supérieures en RH et y met fin car avoir un poste à responsabilité dans les RH ne lui correspond pas, même si elle est très intéressée par les RH ! Elle souhaite néanmoins continuer ses études supérieures par une double formation en RH et QSE, mais sans valider sa spécialité RH par un Master1 et pourquoi pas d’ailleurs se lancer dans une formation en création d’entreprise ou d’ingénierie en formation.
Vous voyez bien que tout ceci est très confus, l’heure est donc venue de faire des choix !

Il n’est jamais simple de définir précisément son projet professionnel, néanmoins il est temps pour vous d’en tracer les grandes lignes et de bien comprendre que choisir c’est aussi renoncer !

Espérant vous avoir aidé dans vos réflexions et vous souhaitant de réussir dans vos projets.

jeudi 19 avril 2012

Mon conseil à Thierry, mettre en forme son CV pour mettre en avant son projet professionnel

Cher Thierry,

Vous m’interpellez par mail :

« … Après avoir testé des stages et un emploi dans le domaine technique, je souhaite continuer sur le même type de poste que mon dernier contrat VIE à savoir exercer un poste qui associe technique et management. Comment puis-je le valoriser dans mon CV ?... »

Le CV que vous avez joint à votre demande est un bon CV, les modifications apportées se font à la marge et surtout sur la forme, en :

1) ajoutant un pavé « projet professionnel », reprenant simplement ce que vous m’écrivez dans votre mail,
2) changeant votre pavé « compétences », en modifiant quelques verbes et en ajoutant vos compétences linguistes et informatiques,
3) inversant la partie « expériences professionnelles » et « formation », vous n’êtes plus un jeune diplômé, c’est donc votre expérience qui prime et non plus votre formation initiale,
4) changeant les mots par des verbes, au lieu de « planification », préférer « planifier »,
5) colorisant certaines parties de votre CV pour les mettre en avant,
6) supprimant les phrases, notamment dans la partie « centres d’intérêt ».

Pour conclure, je vous conseille pour finaliser ce nouveau CV d’y préciser votre mobilité géographique.

Espérant avoir répondu à votre demande et n’oubliez pas de nous informer de vos avancées dans votre recherche.

mercredi 21 mars 2012

Mon conseil à Trang, présenter un projet professionnel en cohérence avec son profil

Chère Trang,

Comme de nombreux lecteurs de RecruteuretCandidats, vous m’envoyez votre CV et m’interpellez par mail en exposant votre situation et votre projet professionnel :

« … Diplômée d'un Master 2 en Management des Ressources Humaines en France, je suis en train de bâtir mon projet pro…. Pourriez-vous donc répondre à mes interrogations ?… »
« … Quels sont les postes les plus courants pour un débutant en RH et pour pouvoir évoluer ensuite dans le développement RH?... »
« … Je souhaitais m’orienter vers un poste de chargé d’études RH car j’aime bien tous les côtés chiffrés, d’analyse, de synthèse, rapport, reporting de mon travail. Mais ce poste n’existe que dans les grosses entreprises ou dans les cabinets de conseils. J’élargis alors mon choix vers un poste de Généraliste RH pour attaquer aussi la partie des PME. De plus, c’est plutôt par ce poste qu’on débute sa carrière pour une évolution vers un poste dans le développement RH… ».
« … Je voudrais vous demander si mon profil convient à un poste Généraliste RH ? Quels sont les points forts que je peux retirer de mon profil en plus de la polyvalence des missions que j'ai effectuées et de mes qualités : organisation, qualités relationnelles, réactivité, ouverture d'esprit (comme écrit dans mon CV ci- joint) ?... »
« … Est ce que mon Cv est trop dense et détaillé? Concernant la partie objectif au début, j'ai l'impression qu'elle n'est pas très pertinente. Avez-vous d'autres conseils à me donner ?... »

Interrogations, doutes, fausses bonnes idées et à priori sont bien au rendez-vous au sortir des études et votre appel à conseil en est un bon reflet ! Rassurez-vous il est tout à fait normal de se poser, à votre âge, autant de questions sur son avenir professionnel…
La volonté de faire les bons premiers choix, l’angoisse de ne pas bien débuter, de ne pas saisir les bonnes opportunités sont le lot de tout jeune diplômé. Vous êtes en bas de la montagne « carrière » et celle-ci vous nargue du haut de ses 45 ans de vie professionnelle ! Plusieurs chemins s’offrent à vous et les différents camps de bases que l’on vous propose vous paraissent souvent bien éloigné de votre objectif : atteindre le sommet sans trop d’encombres !
A tout cela j’ajoute de nombreuses variables comme : votre potentiel, votre personnalité et surtout vos motivations qui font que chaque trajectoire de carrière est propre à chacun. Le parcours dit classique n’existe donc pas et passer par la case « rue de la paix » ne vous garantir pas le succès, mais seulement quelques chances de plus de remporter la partie ! Vous est le principal metteur en scène de votre vie professionnelle et vous avez plus de 45 ans devant vous pour nourrir vos ambitions ! Faites-vous avant tout plaisir et votre carrière suivra !

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Néanmoins et pour répondre à vos questions, les postes les plus courants pour un jeune RH sont bien souvent des postes de Gestionnaire RH, d’Assistant RH, pour un jeune diplômé Bac+5 se sont plus des postes de Chargés RH. Généralement, ce type de poste comprend deux grandes missions :

1) Recrutement avec la prise en charge des activités les plus chronophages (gestion des annonces, tri des CV, organisation des RDV, contrat de travail..)

2) Administration RH avec le suivi des salariés, heures supplémentaires, gestion bancaire, charges sociales et fiscale.

Votre projet professionnel étant de vous orienter sur le développement RH, il est donc important pour vous de choisir une mission qui allie administration et développement RH. Il est donc primordial d’avoir un premier poste qui vous permet soit d’approcher le recrutement, la formation, la gestion de carrière, la communication employeur…
Vous pouvez aussi vous orienter dès vos premières expériences dans le conseil. Notamment sur un poste de Chargé de Recherche pour évoluer en tant que Consultant en Recrutement, évaluation ou formation. Mais attention, le retour à l’entreprise est parfois très difficile pour ce type de profil trop orienté ou marqué par le conseil dès leurs premières expériences !
Concernant votre profil, celui-ci est « Jeune Diplômé », vous n’avez pas assez d’expérience pour faire ressortir des compétences saillantes qui feraient ressortir un profil ! Sans retirer la richesse de vos deux derniers stages, vous n’avez à aujourd’hui qu’un potentiel, des aptitudes, une personnalité et des motivations à proposer et ces éléments sont difficilement mesurables sur un simple CV !
D’ailleurs, vous vous posez la question de la pertinence de votre CV, de sa densité ou du trop de détail… Jeune Diplômé vous avez tendance à en rajouter, voir à survaloriser vos expériences qui ne sont que des stages ayant la valeur de stages ! Alors que la simplicité s’offre à vous en vous positionnant sur votre statut de Jeune Diplômé !

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Votre titre de CV n’est donc pas « Généralistes RH », celui-ci doit synthétiser votre actuelle identité professionnelle : Jeune Diplômée RH – Double cursus Master2 - Management & Développement RH – Français Anglais Vietnamien.
Puis annoncer votre projet professionnel : Développer mes compétences et expériences sur une fonction de généraliste RH pour évoluer à 3 ans sur des fonctions de développement RH (ci-joint CV modifié).
Si votre projet est de vous orienter sur les fonctions de développement RH, votre titre de CV n’est donc pas en correspondance avec votre projet ! La cohérence est un atout maître dans la recherche d’emploi… Votre titre de CV est votre accroche auprès des Recruteurs, celui-ci est doncprimordial, car il synthétise votre projet et votre positionnement professionnel !

Espérant vous avoir aidé à mieux vous positionner professionnel.

jeudi 1 septembre 2011

Faites la différence avec les autres candidats !

Chers Lecteurs,

Marion développe son projet professionnel autour de la fonction RH et recherche depuis février 2011 une alternance dans le cadre d’une licence professionnelle en G.R.H. Marion m’interroge par mail :

« … Je cherche mon alternance depuis le mois de février 2011, après une dizaine d'entretien, le motif de mon recalage est "le manque d'expérience". Je le sais, donc j'essaye lors des entretiens de mettre en avant d'autres qualités pour palier à mon manque total d'expérience mais ce n'est pas chose facile. Je ne me décourage pourtant pas de trouver mon alternance. J'aimerais savoir comment faire la différence entre un candidat(e) qui à de l'expérience et moi qui n'en n'est pas ?... »

« … Lors de mes entretiens, lorsque le DRH me pose la question "Avez-vous des questions?" Je ne sais jamais quelles questions pertinentes posées. Auriez-vous quelques conseils ?... »

Je suis très étonné que le motif de votre « recalage » à vos différents entretiens soit votre « manque d’expérience »… Pour une étudiante en recherche d’alternance, il me semble évident que vous ayez peu d’expérience ! Je pense que vos différents interviewers ont quelque peu manqué de transparence et d’honnêteté avec vous…
Néanmoins, prenons le cas où vous êtes en concurrence avec un autre étudiant possédant une première expérience professionnelle par alternance type BTS Assistant de Gestion PME-PMI qui lui a notamment permis de développer certains acquis en G.R.H. Toute chose égale par ailleurs, c'est-à-dire sans prendre en compte l’évaluation de la personnalité et des comportements qui sont des éléments clefs pour sélectionner un candidat, je ne pense pas que le choix du Recruteur se fasse sur un comparatif d’expérience entre les différents candidats. En effet, votre concurrent bien qu’un peu plus expérimenté que vous, n’est pas non plus un expert, il est encore en phase d’apprentissage ! Le choix du Recruteur se fera plus sur la « consistance » de votre projet professionnel et donc sur vos motivations.

Pour faire la différence, la présentation de votre projet doit être précise, claire et montrer votre enthousiasme à développer votre carrière dans les Ressources Humaines ! Sachez que c’est l’énergie que vous mettez à exposer vos envies et vos ambitions qui convaincront votre interlocuteur… Préparez votre entretien en vous posant ces questions : pourquoi l’alternance, pourquoi les Ressources Humaines, pourquoi cette entreprise ? Répondez à ces questions par écrit et surtout n’hésitez pas à coucher sur le papier tout ce qui vous passe par la tête… Sélectionnez ce qui vous paraît être le plus impactant et construisez votre argumentaire pour votre prochain entretien.

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Par ailleurs, votre deuxième question et très en lien avec votre première question… En effet, c’est sur cette partie « questions du candidat » que vous pouvez faire la différence avec vos concurrents ! N’oubliez pas que pour un Recruteur ne pas avoir de questions de votre part en fin d’entretien peut-être très perturbant. C’est notamment à travers vos interrogations que le recruteur évalue : votre intérêt et motivation pour son offre, votre compréhension de son besoin et votre capacité à générer l’échange… De votre côté l’enjeu est fort, n’oublions que cette partie se déroule le plus souvent en fin d’entretien, c’est donc le moment de laisser une bonne dernière impression !

De même, il n’existe pas une liste de question à poser absolument ! C’est à vous et pendant l’entretien de prendre des notes, de relever les points qui vous semblent intéressant de préciser à travers des questions. C’est le moment de montrer vos capacités d’écoute, de prise de notes et notamment votre pertinence ! Soyez donc pragmatique et intéressez-vous à votre futur environnement de travail ! Demandez à ce que l’on vous présente l’organigramme, les rôles et missions de chacun, vos objectifs, les chantiers prioritaires, le fil rouge de votre alternance, le programme de votre intégration… Les maîtres mots étant d’être curieux, de générer l’échange et de susciter l’intérêt de votre interlocuteur.

Espérant avoir pu vous aider pour vos prochains entretiens.

mardi 30 novembre 2010

Mettre sa polyvalence au service de sa reconversion professionnelle

Chère Murielle,

Vous m’interpellez par mail en exposant votre situation et votre projet professionnel :

« … Assistante de direction polyvalente depuis 10 ans maintenant, je cherche à m'orienter vers la gestion financière. J'ai repris mes études en cours du soir par le Cnam pour suivre une Licence économie gestion option Gestion de l'entreprise. Je pense poursuivre un master 1 dans le même domaine et de la même manière.
Mon souhait actuel est d'intégrer un service finances ou de contrôle de gestion dans une grande entreprise pour être assistante de contrôle de gestion ou encore chargée de gestion… »

La reconversion professionnelle est un vaste sujet et je suis bien souvent interrogé sur ce type de projets : à la fois complexe et source de nombreuses questions… Mais aussi empreint de courage et de volonté de la part des candidats qui font face à de nombreuses embûches. En effet, dans le monde du recrutement les entreprises sont bien trop souvent « monolithiques » dans leur recherche : il faut avoir fait telles études, dans telles écoles, avoir travaillé dans tels secteurs ou environnements, avoir ce profil, ce niveau d’expériences et patati et patata…
Malheureusement la liste de tous ces prérequis ne fait que s’allonger, d’autant plus si la personne oriente sa recherche auprès de Grandes Entreprises qui excellent dans la recherche du mouton à cinq pattes à laine rose !

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Je vous conseille d’orienter votre recherche dans l’univers des moyennes entreprises afin de vous garantir une plus grande réussite dans votre projet professionnel. En effet les PME et PMI sont bien souvent plus ouvertes au profil dit « atypique » et aux candidats en reconversion professionnelle. Elles sont en recherche de polyvalence et les candidats en reconversion ont cette carte à jouer avec leur parcours moins « stéréotypé ». Au contraire des Grandes Entreprises qui se rassurent dans leur recrutement au travers d’un « profilage extrême » de leurs candidats.

Concernant votre CV, choisir de le bâtir par domaine de compétences n’est pas la solution la plus adéquate. En effet, vous êtes en reconversion professionnelle, vous n’avez donc pas ou très peu d’expériences et de compétences dans le domaine d’activité recherché, dans votre cas : les deux seuls acquis dans le domaine du Contrôle de gestion étant votre dernier stage de 6 mois et vos études menées au CNAM. Deux événements que votre CV par compétences ne met pas du tout en évidence… Je vous conseille donc de mettre en avant ces deux parties, ainsi que votre polyvalence dans votre CV en choisissant le très classique CV par expériences, de cibler les plus petites structures pour renforcer vos compétences métiers et de garder en ligne de mire à moyen terme les grandes entreprises.

Espérant avoir pu vous aider dans votre recherche et à mieux formaliser votre projet professionnel.

lundi 16 août 2010

Mon conseil à Mickaël : mesurer le professionnalisme du recruteur pour analyser son entretien

Cher Mickaël,

Suite à un entretien déstabilisant, vous m’interrogez par mail :

« Ce matin j'ai fait un entretien (d'une série de 3 dans la même entreprise) avec le DG.J'ai été très déconcerté car il ne m'a presque pas regardé, avait l'air dans la lune, et a fait des silences prolongés en simulant qu'il lisait mon CV. J'ai fait ce que j'ai pu pour transformer ces silences en moment adéquats pour poser une question, mais ce fut un entretien très désagréable, alors que les 2 premiers s'étaient très bien passés. L'entretien a duré 15/20 minutes. je trouve cela très court ! et on m'a juste demandé mes prétentions salariales. »

« Ma question est : ce genre d'attitude est-elle une technique d'entretien? Ou dénote-t-elle un réel rejet envers un candidat? Le fait qu'un recruteur ne me regarde pas, c'est extrêmement gênant et limite poli… Je suis déconcerté et j'ai un goût amer dans la bouche. »
Premier concept à comprendre : point de règles établies dans l’univers impitoyable du recrutement. Notamment quand celui-ci est pratiqué par des non professionnels, ce qui malheureusement arrive encore bien souvent. Chacun allant de sa méthode, de sa technique ou tout simplement de ses envies…. Quand le recrutement est pratiqué par des professionnels, il existe des grands principes qui vous permettront de faire le tri entre le bon grain et l'ivraie... Je vous propose d'en découvrir quatre :

1) Seul en entretien point de salut

Votre aventure avec ce DG ne m'étonne guère, un des principes à respecter en matière de recrutement : ne jamais laisser un opérationnel seul en entretien, et cela même de sa hauteur de DG. C'est à dire non accompagné par un professionnel du recrutement ou un membre de la grande famille RH... Le recrutement est un métier qui ne s'improvise pas !

L'attitude que vous avez rencontrée n'est donc pas une technique d'entretien, ni un rejet, ni de l'impolitesse... Vous vous êtes retrouvé face à un DG qui n'était certainement pas à l'aise dans l'exercice du recrutement n'en étant pas un professionnel.

2) A plus de deux, le tribunal fait son oeuvre

juge.jpg Autre situation délicate pour le candidat se retrouver en face de trois interlocuteurs et parfois plus ! Je vous l'assure, ceci existe notamment dans la fonction publique ou il s'agit de passer des oraux face à un jury. Mais aussi dans la fonction territoriale, il m'est arrivé (dans mon ancienne vie de Consultant j'avais développé une clientèle notamment auprès de collectivités locales) d'assister à ce type d'entretien avec Monsieur Le Marie, le Directeur des Services Généraux, son adjoint, le DRH et moi-même... Et nous voilà en plein tribunal, ne manque plus qu'au spectacle, les robes, perruques et le marteau du juge... Rien de tel pour stresser le candidat, ne pas le mettre à l'aise et ne pas obtenir d'informations qualitatives de sa part !

3) A l'aise et en confiance pour libérer la parole

Elément essentiel : l'ambiance et le cadre de l'entretien, un recruteur professionnel se doit de mettre à l'aise le candidat, mêlant accueil et convivialité pour que ce dernier soit en confiance, se livre naturellement et sans effort au recruteur... Stresser un candidat, le présurer, le titiller, lui mettre la pression ne sert à rien, notamment en début d'entretien. Savoir écouter et détendre le candidat permet au recruteur d'obtenir des informations justes et de découvrir avec aisance sa personnalité, ses comportements au travail et ses motivations... Bien évidemment, il faut savoir mettre en place un « effet crescendo » dans l'entretien et faire monter la pression au fur et à mesure de l'entretien. Cette pression étant différente suivant les postes et leurs caractéristiques. Le recruteur ne mettant pas en place le même « effet crescendo » selon qu'il évalue un commercial ou un comptable.

4) Trop d'entretien use le candidat

Un processus de recrutement se doit d'être court pour le candidat... Ne pas multiplier les entretiens permet de prendre une décision rapide. Plus les entretiens sont nombreux, plus les avis seront divergeants et plus la décision prendra du temps. Le meilleur des processus me paraît donc être un: – premier entretien avec le futur n+1 et un recruteur professionnel, n'est-il pas motivant pour le candidat de rencontrer directement son futur manager ? – second entretien avec le n+2 et son futur Responsable RH.

Ce processus est court pour le candidat et débriefer autour de quatre avis permet de prendre une décision rapide.
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Pour conclure votre entretien ne s'est donc pas mal passé... Il a été simplement mal organisé et réalisé par une personne dont la compétence première n'est pas le recrutement, mais d'assurer la responsabilité d'une Direction Générale. Il aurait mieux fallu accompagner ce D.G. d'un R.H. ou le former à l'entretien de recrutement ! Bien souvent les candidats sont surpris du contenu et de l'ambiance des entretiens de recrutement, car sont ceux-ci ne sont pas réalisés par des professionnels...
Charge au candidat de déterminer le professionnalisme de son interlocuteur et à l’apprenti recruteur de se présenter comme tel auprès des candidats pour enlever toute ambiguïté ! L'analyse de l'entretien par le candidat n'en sera que meilleure et évitera tout quiproquo.

Espérant avoir répondu à vos questions.

Au plaisir d'échanger avec vous sur ce thème.

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