Recruteur et candidats

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lundi 9 février 2015

Les chiffres du chômage en France

Chers Lecteurs,

Les chiffres sont là, malgré les promesses d'un gouvernement qui ne semble plus maîtriser grand chose, le nombre de demandeurs d'emplois a augmenté de 6% par rapport à l’année dernière, passant la barre des quatre millions fin novembre. Le taux de chômage atteignant les 9,9% au deuxième trimestre 2014. Et l’Insee annonce déjà le dépassement de la barre des 10% pour 2015.

Malgré tout, dans un domaine où dans l’ensemble les entreprises sont frileuses à proposer des contrats en CDI, on note une légère évolution du nombre de contrats signés en 2014. Les gains d'emploi seraient en fait plus forts que ce que les analystes avaient initialement prévu. Contrairement au chômage qui progresse sur la même période, 2014 a marqué une année de croissance de l'emploi.

"Bien que les gains d'emplois ne correspondent pas à l'augmentation considérable de novembre, ils étaient néanmoins un solide indicateur de l'élan dans le marché du travail qui devrait se poursuivre en 2015", a déclaré Sophia Koropeckyj, économiste et directeur général de Moody Analytics.

Mais le rapport de décembre a également souligné les faiblesses sous-jacentes de la reprise économique : la stagnation des salaires et la faible participation de la population active. Les salaires moyens ont diminué de 0,2% en décembre, après avoir vu une hausse de 0,4% le mois précédent, entraînant une baisse des gains salariaux globaux de 2014 à seulement 1,7%.

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La participation au marché du travail a légèrement diminué à 62,7% en décembre, montrant peu de changement au cours de l'année 2014. Bien que celle-ci soit en partie tirée par une main-d'œuvre vieillissante et l'augmentation des effectifs fraîchement sortis de l'université, la diminution du nombre de ceux qui travaillent ou cherchent du travail a soulevé des préoccupations au sujet de la santé à long terme de l'économie française. En décembre, "tandis que les rachats expliquent en partie la baisse, la participation a chuté pour presque tous les groupes d'âge», a déclaré Koropeckyj.

Toujours en décembre de l’année dernière, nombres d'emplois ont été créé dans un large éventail d'industries, y compris les services professionnels et commerciaux, soins de santé, la fabrication, de la construction et des services alimentaires, principalement dans le recrutement des cadres. L’Élysée, en revanche, à souligné des écarts importants en 2014 pour l'économie et a essayé de mettre un coup de pouce positif sur la stagnation des salaires. Bien que les salaires sur les emplois précaires ont chuté en décembre, les salaires des cadres eux ont une tendance généralement à la hausse, et la croissance de l'emploi a continué dans des secteurs qui, traditionnellement, fournissent une croissance stable.

En conclusion de quoi, dans une ambiance morose, l'aggravation du marché du travail semble au final se ralentir, du moins les indicateurs le montrent, s'il est fort à parier que les chiffres pourraient être en deçà de la réalité car bon nombres de demandeur d'emplois radiés ne s'inscrivent plus par dépit, il faut rester positif sur une possible évolution des marchés pour 2015 avec le besoin de main-d’œuvre qualifié sur des échanges de process intercontinentaux avec les pays émergeants.

mercredi 7 mai 2014

Le recrutement en quelques chiffres

Chers lecteurs,

Dans le cadre d’un échange d’articles avec le blog du cabinet « Gabrielle Marionneau Conseil », un acteur du recrutement dédié à la Distribution et au Commerce. Gabrielle Marionneau Conseil est LE cabinet de recrutement incontournable pour les candidats et les entreprises en quête de performance et de challenge !

En combien de semaines un poste est-il pourvu ? Combien de candidats comporte la « short list » d'un recruteur ? Combien d'entretiens sont nécessaires pour prendre une décision ? Lequel des managers est le plus impliqué dans le process de recrutement de l'entreprise ?
Dans un contexte de crise de l'emploi, il est légitime de s'interroger sur le processus de recrutement. Voici les résultats des dernières enquêtes réalisées par le cabinet de recrutement Robert Half International.

Quel est le délai moyen pour pourvoir un poste actuellement ?

En France, environ 1/3 des postes vacants sont pourvus en 4 à 5 semaines contre 29 % en 2 à 3 semaines et 16 % en 6 à 10 semaines. En Allemagne, 36 recrutements sur 100 se font en 4 à 5 semaines contre 37 % en 2 à 3 semaines pour l'Espagne. En Belgique, 1/4 du recrutement se fait en 6 à 10 semaines !

Combien de candidats sont sélectionnés pour un poste ?

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Il est conseillé de sélectionner entre 3 à 5 candidats pour un premier rendez-vous. Afin d'éviter la déconvenue d'un désistement de dernière minute, 2 à 3 sont invités à participer à un entretien final. Un candidat est écarté uniquement après examen de ses compétences. Il est recommandé d'informer ce candidat et l'éventuel partenaire de recrutement qui l'avait sélectionné des raisons qui ont guidé ce choix.

Combien d'entretiens sont nécessaires à la décision finale ?

En France, plus de la moitié des responsables de recrutement prennent leur décision finale à l'issue de 2 à 3 entretiens en moyenne. En Allemagne, ce ne sont pas moins de 5 entretiens qui sont nécessaires à a prise de décision finale pour 33 % des managers ! 61 % des managers espagnols prennent également leur décision à l'issue de 2 ou 3 entretiens.

Quels sont les managers impliqués dans le processus de recrutement ?

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  • Enquêtes réalisées par le cabinet de recrutement Robert Half International

vendredi 6 septembre 2013

Quelle est la première idée que vous associez à la retraite ?

Chers lecteurs,

En ligne depuis le 29 janvier, vous avez été 171 à répondre au « sondage du moment » qui avait pour question : «… Quelle est la première idée que vous associez à la retraite ? …».

- 31%, la possibilité de pouvoir commencer une nouvelle vie (52 votants).
- 29%, pouvoir enfin réaliser vos loisirs et activités préférés (49 votants).
- 21%, profiter au mieux de votre famille et de vos proches (36 votants).
- 10%, un sentiment de vide, d’isolement… (18 votants).
- 9%, l’angoisse de ne plus être utile (16 votants).

Il est heureux de constater que pour 80% des votants, la retraite est associée à des projets de vie et du bon temps, donc à un événement positif ! Cette idée de pouvoir associer retraite et temps heureux est pourtant relativement jeune. Son développement étant, pour l’essentiel, dû aux combats sociaux de la fin du 19ème et début 20ème, à l’avènement de l’Etat providence sous les trente glorieuses et à la fulgurante augmentation de l’espérance de vie que nous connaissons depuis les années 50.
A l’aune de ces événements historiques et sus couvert de vivre en occident, la retraite peut donc s’imaginer comme un deuxième temps de vie heureux ou bien encore, comme pour 33% des votants comme une nouvelle vie !
Il n’en a malheureusement pas toujours était ainsi… Alors que le droit à la retraite nous paraît à tous comme acquis et légitime ; n’oublions pas qu’il s’inscrit, avant tout, dans un temps des plus récent ! Pour bien comprendre cette modernité, entreprenons, ensemble un voyage dans le temps et l’espace.

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« … Allons, Marty… Direction l’histoire ! A bord de notre DeLorean ! … »


Le droit à la retraite un acquis des plus modernes.

Notre première étape spatio-temporelle, nous amène au sein de l’empire romain, dans une garnison de légionnaires près de Lugdunum en 23 avant JC. Nous rencontrons Caius Aérobus, centurion de la troisième centurie de la deuxième cohorte de « La Legio VIII Augusta ». Notre cher Caius est furibard et au bord de provoquer un mouvement social au sein de sa centurie. Imaginez… Les caisses de retraite sont vides, alors qu’un légionnaire bénéficie d’une prime au départ équivalent à 10 ans de soldes, après 16 années de services. L’empereur Auguste est en défaut de paiement et le premier système de retraite à l’asphyxie ! Pour régler le problème le service à la légion est rallongé de 4 années… Avé César ! Au vieux problème, les vieilles solutions… Pourrions-nous dire ?

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« …Camarades légionnaires, l’heure est grave !... »



Alors que nous laissons ce bon Caius rempiler pour 4 années supplémentaires… Traversons le temps et l’espace, pour rejoindre le Moyen-Âge. L’Europe médiévale, ce n’est pas que châteaux, armures, damoiseau et gente dame… C’est aussi l’économie et le commerce qui se développent, avec les confréries et autres corporations qui donnent accès aux religieux et militaires à un système de pensions, notamment en nature. Comme ce bon vieux moine bénédictin, l’abbé Benoît de Clairvaux, qui profite pour ces vieux jours de ce petit lopin de terre : un moulin, une bergerie et quelques 300 arpents de terre travaillés par 4 métayers, près de l’abbaye de Cluny. Il semble heureux quand nous l’interrogeons sur ces conditions de retraite. Un bonheur terrestre que malheureusement très peu de gens connaissent. En effet, sous l’ancien régime seulement 0,1% de la population est couverte par système de retraite… Autant dire personne !

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« …Ce n’est qu’un petit bout de terrain, qui me permet à peine de fabriquer quelques fromages… »



Passons quelques siècles, pour voir s’il fait bon vieillir à l’ombre du Roi Soleil… Direction Versailles pour vérifier tout cela… Après avoir caché notre DeLorean, dans les bois adjacents aux jardins et fontaines du château… Nous rencontrons Jean-Baptiste Colbert, en 1670, secrétaire d'État de la Marine, au sortir du Conseil du Roi, qui nous confie avoir convaincu le Roi de créer, par ordonnance, le premier régime de retraite par répartition au monde pour les marins, financé par un prélèvement sur la solde des Officiers de la Marine.

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« …Car tel est notre plaisir de veiller à la retraite de nos marins… Vive la France ! …»



Au volant de notre DeLorean, bifurquons dans un couloir du temps pour nous retrouver le 9 juin 1853, lors du vote des lois sur les pensions civiles. Sous l’impulsion de Louis Napoléon Bonaparte, les civils et militaires au service de l’Etat bénéficieront de la retraite à 60 ans et 55 ans pour les travaux pénibles. Pénibilité et retraite à 60 ans sont déjà au programme à l’orée du second empire ! Décidément… Les méandres de l’espace temps font parfois preuves de répétitions bien obscures !

Poursuivons notre voyage, pour nous retrouver en compagnie d’Otto Eduard Leopold von Bismarck, Chancelier de l’Empire Allemand, qui nous reçoit au palais de Thurn et Taxis à Francfort pour le thé. Nous sommes en 1886, Otto nous explique d’un ton calme et posé, entre deux bouchées d’Apfelstrudel, que sous la forte pression des mouvements syndicalistes et de partis socialistes tel que le SDAP (Socialdemokratische Arbeiterpartei Deutschlands), il se doit d’édifier le premier système allemand d’assurances sociales (soziale Sicherheit). Un régime par répartition, financé par les cotisations ouvrières et patronales. Premier système obligatoire et global de retraite au monde… Deutschland über alles ! Des avancées sociales qui lui permettront, par la suite, de dissoudre de nombreux mouvements syndicaux et socialistes…

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« … Argh… Che donne d’une main, pour reprendre de l’autre… Wunderbar !... »



Avançons dans l’histoire, pour nous retrouver à l’entre deux guerres par la loi du 30 avril 1930, qui voit la création du premier régime d’assurance vieillesse obligatoire pour tous les salariés. Néanmoins, c’est le plan français qui pose les fondations de notre actuel système de retraite, par l’ordonnance du 19 octobre 1945, le principe de la répartition est institué « les cotisations des actifs servent à payer immédiatement les retraites, tout en leur ouvrant des droits pour leur future retraite », avec un âge à la retraite à 60 ans. Néanmoins l’âge des 60 ans est trompeur, après 30 ans de cotisation, l’assuré ne bénéficié que d’une pension équivalent à 20% de son salaire de base. Après les 60 ans, la pension pouvait être majorée de 4% par années supplémentaires. Donc pour une pension de l’ordre de 40% du salaire de base, chacun devait travailler jusqu’à 65 ans !

Par la suite, l’adoption de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, le 10 décembre 1948, universalise le principe de sécurité sociale et de l’assurance vieillesse (article 22 et 25). Le monde moderne est en marche, panse ses plaies des deux guerres mondiales, en inventant la société du travail et en s’enivrant de promesses de croissance sans fin : l’insouciance des trente glorieuses est à l’œuvre. Mais faisons une halte en 1962, non pas pour observer les jolies filles dans leurs premières mini-jupes ! Mais pour nous entretenir avec Pierre LAROQUE, Directeur Général de la Sécurité Sociale, qui nous annonce sans ambages « …le vieillissement de la population entraîne des conséquences dans tous les domaines de la vie nationale et grève les conditions d’existence de la collectivité française… ».

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« … Ouaissss… C’est trop yéyé les années 60 !!! ... »



A partir des années 70 les réformes vont en s’accélérant. En effet, le gouvernement Pompidou, pour faire face aux déficits à venir, porte la durée de cotisation de 30 à 37 ans ! La même loi fixe à 50% du salaire de référence la retraite prise à 65 ans et par conséquent l’âge effectif de la retraite à 65 ans ! Vieux débat que celui de l’âge du départ à la retraite ! Néanmoins, la nouveauté semble s’être à l’époque fixée sur la durée de cotisation, un élément du droit à la retraite qui deviendra de plus en plus prégnant dans les années à venir.

Courte pose sociale, en 1982, sous l’impulsion des lois Auroux, l’âge de la retraite est fixé à 60 ans, au lieu des 65 ans et au taux plein de 50%, pour 37,5 ans de cotisations (150 trimestres). En 1993, ce sont les lois Balladur qui fixent la durée de cotisation à 40 ans (160 trimestres) pour une retraite à taux plein en janvier 2004, calculée non plus sur les 10 meilleures années travaillées mais les 25 meilleures années pour 2010. En outre, la loi Madelin de 1994 ouvre à 2 millions de travailleurs indépendants la possibilité de capitaliser leur retraite.

Nous sommes en 2003 et la réforme Fillon porte à égalité le temps de cotisation pour les fonctionnaires et les salariés du privé, ce sera 40 ans pour tout le monde !
Les lois Woerth sous le gouvernement Sarkozy porteront l’âge de la retraite à taux plein de 60 à 62 ans, et, pour les personnes n’ayant pas atteint leurs années de cotisation et voulant bénéficier d’une retraite à taux plein, le relèvement d’âge passe de 65 à 67 ans.
De plus le principe d’allongement continu de la durée de cotisation est inscrit dans les réformes des années 2000. Cette durée étant fixée chaque année par décret pour les futurs retraités, à l’exemple la classe d’âge 1955-1956 qui devra cotiser 166 trimestres. La machine à rallonger le temps de travail est mise en place et n’est pas prête de s’arrêter.
Le gouvernement Ayrault annonçant ces derniers jours une durée de cotisation portée à 43 ans pour l’horizon 2030 ! Ceci sous couvert de pérenniser notre système de retraite par répartition face aux enjeux démographique, qui semblent lourdement peser sur notre système de sécurité sociale et de protection vieillesse, alors que celui n’existe que depuis une cinquantaine d’année !


Les enjeux démographiques, l’arbre qui cache la forêt.

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« … Marty ! Après le passé… Direction le futur !... »


Le vieillissement de la population française est une réalité, en 2020 la France comptera plus de 65 millions d’habitants dont 17 millions d’octogénaires, 21% de la population ! Les français vieillissent car leur espérance de vie s’allonge… En effet, en 1930 l’espérance de vie pour les hommes était de 54 ans et celle des femmes de 59 ans. Alors qu’en 2050, elle sera de 85 ans pour les hommes et de 90 ans pour les femmes !
Nos centenaires étaient au nombre de 200 en 1950, ils seront de 150 000 en 2050 ! Nos sociétés du travail en seront inévitablement bouleversées à cet horizon, ainsi que nos systèmes de santé, de protection sociale et d’assurance vieillesse… Alors qu’en 1975, les retraités percevaient leur pension pendant 11 ans en moyenne après 60 ans, en 2030 ils la percevront en moyenne pendant 23 ans !
Certes, le vieillissement de la population pose de réels problèmes pour financer notre système de retraite par répartition.. Néanmoins, ce ne sont pas les enjeux démographiques, à horizon 2030-2050 qui mettent à mal notre système de retraite d’aujourd’hui !
En effet, c’est en 2020 qu’il manquera plus de 7 milliards au régime général et plus de 8 milliards à celui des fonctionnaires et autres régimes spéciaux ! Ce manque à gagner, c’est avant tout le chômage de masse et notamment celui des jeunes, qui rend notre système par répartition déficitaire. Tant que nous n’arriverons pas à résoudre ce mal endémique, qui pèse sur les comptes de la nation depuis plus de quarante ans. Nous pourrons allonger le temps de cotisation, tant que nous voudrons, le problème ne se règlera pas.

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Au problème de vieillissement et à celui du chômage de masse, s’ajoute un troisième élément, la générosité de notre système de retraite. En effet, la France a le système de retraite le plus généreux au monde… La priorité n’est plus à la jeunesse, comme dans les années 70 ou 80, mais à la vieillesse ! La gérontocratie fait son œuvre, elle gagne du terrain à mesure que le poids politique et économique de nos vieux devient prégnant dans nos sociétés. En effet, l’écart de vie entre les plus de 65 ans et les actifs n’est que de 6% en France, alors qu’il est de 10% en Allemagne et de plus de 20% dans les pays nordiques comme la Suède ou le Danemark. Des modèles souvent cités en exemple…
Le retraité français, à taux plein, bénéficie d’une retraite à 50% de son salaire de base et des régimes complémentaires comme l’Arcco ou l’Agirc portent jusqu’à 70% du salaire de base ! Nos vieux sont riches, mais nos jeunes sont pauvres, le minimum vieillesse n’est-il pas de 787€ par mois, alors que le RSA est de 483€ ?
Il ne s’agit pas d’opposer jeunes et vieux, actifs ou retraités, mais d’être dans l’équilibre et la justice sociale. Notamment, en temps de crise, ou l’actif voit son niveau de vie baisser, alors que celui du retraité ne l’est pas, car notre système par répartition l’en préserve.

Pour conclure, la réponse au déficit du système de retraite, se trouve certes dans l’allongement du temps de cotisation, pour notamment répondre aux bouleversements qu’implique le vieillissement de nos populations. Mais un allongement qui a de toute façon, ses propres frontières, liées aux limites physiques de l’être humain. En effet, l’espérance moyenne en bonne santé, c'est-à-dire sans souci majeur de santé, n’est pour les femmes comme pour les hommes que de 60 ans ! La moitié d’entre-nous ne vivrons donc pas forcément leur temps de retraite comme une second vie ! En tout cas, dans les meilleures conditions de santé possibles.
Une fois prise en compte cette espérance de vie en bonne santé de 60 ans, il apparaît clairement que la solution d’allonger le temps de cotisation est un pansement sur une jambe de bois. Mais aussi, une solution spécieuse en terme d’équité sociale, notamment si l’on y ajoute la thématique de la pénibilité au travail… S’attaquer réellement à cette maladie sociale qu’est le chômage de masse et notamment celui des jeunes, tout en réfléchissant au rééquilibrage d’un système de retraite devenu bien trop généreux, semblent être des pistes de réflexions bien plus ambitieuses… Que le simple bidouillage et autres « mesurettes » du gouvernement Ayrault, elles-mêmes bâties sur des hypothèses économiques des plus farfelues : 1,6% de croissance moyenne et de 4,5% de chômage pour 2020 !

Au plaisir d’échanger avec vous sur ce thème.

Pour conclure et lancer le débat sur un autre sujet, je vous propose un « nouveau sondage du moment » :

« … Quelle est votre principale motivation dans une recherche d’emploi ? ... »

- « … Progression de carrière … ».
- « … Augmentation de salaire … ».
- « … Changement de métier… ».
- « … Davantage de projets intéressants … ».
- « … Amélioration de l’équilibre travail – vie personnelle … ».

mardi 29 janvier 2013

La rentabilité, la productivité et le travail


Chers lecteurs,

En ligne depuis le 2 mai, vous avez été 290 à répondre au « sondage du moment » qui avait pour question : « Quel est à votre avis, la priorité pour améliorer le travail aujourd'hui ? ».

Vos réponses sont pour :
- 38% prendre le temps de faire du travail de qualité (108 votants).
- 23% arrêter la course à la rentabilité et la productivité (65 votants).
- 17% travailler mieux et tous (51 votants).
- 15% augmenter les salaires (43 votants).
- 7% travailler moins mais tous (23 votants).

Une nette majorité se dégage en faveur de « prendre son temps pour faire un travail de qualité » et « d’arrêter la course à la rentabilité et la productivité ». A l’aune de la crise, ces deux dernières notions : rentabilité et productivité marquent de leur sceau nos économies modernes et notre quotidien. En effet, bien souvent reprisent par les différents médias pour éclaircir notre compréhension des délocalisations, de la désindustrialisation et du coût du travail qui préoccupent tant nos chefs d’entreprises, elles nous sont devenues familières. Malheureusement, chacun d’entre-nous mélange, confond et amalgame ces deux notions. Il est donc intéressant de s’y pencher et de bien les définir pour comprendre leurs importances, mais aussi leurs différences.

1) La rentabilité.

C’est le revenu d’une entreprise. Pour la mesurer, de façon simpliste, il suffit de soustraire aux capitaux engagés les revenus réalisés. A ne pas confondre avec la notion de profit ou de marge qui est le rapport entre le revenu et le chiffre d’affaires.
La rentabilité recouvre de nombreux enjeux dans nos économies policées comme la performance, le niveau d’investissement, la confiance… C’est le cœur nucléaire du système capitaliste ! Notion à l’origine de la conceptualisation du coût du capital, importée directement des USA, connue aussi sous le sobriquet de ROI (Return On Investment) et pour nous frenchies de RSI (Retour sur investissement). C’est dans les années 60 que General Motors, désireux de développer sa gestion financière, remet au goût du jour cette notion de rentabilité ; qu’elle emprunte allègrement aux méthodes de gestion de Du Pont de Nemours, qui dans les années 20 développe pour la première fois la financiarisation des décisions d’entreprises. Depuis, celle-ci n’a fait que progresser sous l’impulsion des politiques libérales et du développement des marchés boursiers. Prenant de plus en plus de place dans la stratégie des entreprises et le pas sur la vision industrielle et/ou de croissance et/ou de politique commerciale. Les marchés investissent leurs capitaux et s’attendent à des revenus élevés à court terme. C’est l’avènement de la course à la rentabilité, qui n’a qu’un objectif la baisse des coûts, principalement par le dumping social.
Ce besoin accru de rentabilité a donc un réel impact sur notre quotidien, chacun ressentant la pression et le fort besoin de retour sur investissement, qui nous semble parfois se faire au détriment d’un certain travail de qualité, mais aussi d’un certain bien-être !

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2) La productivité.

Elle mesure le rapport entre le degré de production et deux principaux facteurs : le capital et le travail. Bien souvent, la productivité s’exprime sous forme d’extrant et d’intrant, c'est-à-dire entre un résultat constaté et des consommations réalisées.
Simplifions notre approche en limitant nos intrants à un facteur, qui nous intéresse tout particulièrement : le travail. Nous retrouvons alors deux types de ratio de productivité :
- réelle, la mesure entre deux quantités physiques dans une période temporelle : 10 boulons produits par 2 ouvriers en 1 heure.
- financière, la mesure entre deux unités financières : chiffre d’affaires sur coût du travail.
Intéressons-nous au premier de ces ratios. Pour l’augmenter et donc réaliser des gains de productivité, il suffit de produire plus avec moins d’intrants ; c'est-à-dire avec moins de main d’œuvre ou dans un moindre temps.
Produire plus et plus rapidement est essentiel pour nos économies, c’est grâce à l’augmentation considérable de la productivité au 20ème siècle que nos niveaux de vies ont crû et se sont nettement améliorés. Gagner en productivité est donc une bonne chose. Mais tout dépend à qui profite ces gains…
Reprenons, notre exemple de boulons et imaginons que nos 2 ouvriers produisent 20 boulons en 1 heure. Trois possibilités s’offrent à l’entreprise :
- Vendre au même prix ces 10 boulons supplémentaires et augmenter les revenus de l’entreprise. Mais alors quid de la destination de ce bonus ? Tout aux actionnaires, aux ouvriers, partage équitable entre les deux, réinvestir le tout…
- Vendre à un prix moins élevé, l’offre de produit augmente, mais la demande est la même, pour la stimuler une baisse des prix semble bien venue. Sans compter que le coût de production unitaire à baissé (le coût des 2 ouvriers et à réparti sur 20 boulons et non plus sur 10). Avec cette solution, c’est donc aussi le pouvoir d’achat des ouvriers qui augmente, le boulon étant moins cher qu’avant… Alors que choisir hausse des revenus de l’entreprise ou baisse des prix du boulon ?
- Décider de ne pas produire ces 10 boulons en plus, car le marché est saturé, l’alternative est donc la diminution du temps de travail 10 boulons produits par 2 ouvriers en ½ heure.
Au final les solutions sont nombreuses, mais une chose est sûr ce sont toujours les profits qui augmentent ! Tout n’est alors qu’une question de partage, mais aussi de choix de sociétés.
Et pour poursuivre cette réflexion, rappelons-nous que les travailleurs français sont parmi les plus productifs du G7. En effet, selon les chiffres communiqués en 2010 par l’office nationale des statistiques, la France arrive en deuxième position, derrière les USA, sur un ratio de productivité par travailleur, et à la troisième place, derrière les USA et l’Allemagne sur un ratio de productivité par heure travaillée. Alors que la France engrange depuis de nombreuses années des gains de productivité et que ceux-ci ont toujours comme conséquence l’augmentation des profits. Une question se pose : mais où va donc toute cette production richesse ?

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Vous laissant réfléchir à cette question et dans l’attente d’échanger avec vous sur ce sujet. Je vous propose un « nouveau sondage du moment » :

« Quelle est la première idée que vous associez à la retraite ? »

- « … La possibilité de pouvoir commencer une nouvelle vie … ».
- « … Un sentiment de vide, d'isolement … ».
- « … Pouvoir enfin pratiquer vos loisirs/activités préférées … ».
- « … L'angoisse de plus être "utile"… ».
- « … Profiter mieux de votre famille et de vos proches … ».

lundi 14 janvier 2013

86 963 visiteurs et 600 lecteurs fidèles en 2012 !

Chers lecteurs,

La fin d’une année et le commencement d’une nouvelle, nous amène souvent à faire un bilan de celle passée et à se projeter sur celle à venir. Cette habitude a été très largement importée dans l’univers du blog. En effet, fleurissent ça et là : rétrospective de l’année et bilan chiffré qui permettent à chaque blogueur de se situer dans la blogosphere et plus largement dans le 2.0. C’est aussi le moment de donner de l’information à son lectorat, de renforcer son identité et pour les plus ego-centré d’entre-nous d’exulter d’auto-satisfaction devant les chiffres annoncés !

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Le denier bilan d’activité de « RecruteuretCandidats » a été publié le 31 décembre 2008 et s’intitulait « Bilan de l’année 2008… Bonne et heureuse année 2009 ! ». Depuis commentaires et billets se sont accumulés, il était donc temps de publier un nouvel état de santé de ce blog tant sur le plan quantitatif que qualitatif !

Bilan quantitatif :

- Le 18/04/2007 les deux premiers billets publiés « Mon parcours professionnel » et « A votre service », depuis 239 billets ont été mis en ligne !
- Le 19/04/2007, le premier commentaire publié par Moderateur, l’un de mes plus fidèles lecteur (merci !!!). Depuis 792 commentaires postés, merci à tous !
- 292 988 visiteurs depuis le 21/08/2007, date d’ouverture de google analytics.
- 86 963 visiteurs sur 2012 avec un record de 523 visiteurs pour le 14/11/2013, pour information en 2008 l’audience de RecruteuretCandidats était de 39 064 visiteurs.

Bilan qualitatif :

Alors que le bilan quantitatif est satisfaisant, de net progrès sont à attendre sur ce bilan qualitatif. En effet, l’un des premiers objectifs de RecruteuretCandidats, et ce depuis sa date de création (avril 2007), est de générer en dehors d’un volume ; un lectorat fidèle et donc de surcroît une communauté d’échanges autour du recrutement et plus largement du développement RH.
12% du lectorat est fidèle à RecruteuretCandidats, c'est-à-dire un peu plus de 8500 lecteurs qui reviennent une deuxième fois en visite et 1400 sont très fidèles et reviennent plus de 10 fois l’an, et plus de 600 sont littéralement accros avec 100 visites par an ! Merci à vous tous pour votre fidélité ! Mon objectif est donc d’augmenter ce taux de fidélité et de chouchouter mes lecteurs assidus, n’hésitez pas à me laisser en commentaires vos avis, envies et questions ou par mail à : recruteuretcandidats@laposte.net pour que ce blog vous intéresse encore tout au long de cette nouvelle année 2013 !
Une autre donnée qualitative me semble aussi largement améliorable, celui de la durée moyenne de visite qui est aujourd’hui de 42 secondes ! Alors que sur une année, comme 2009, il était de plus de 90 secondes… La question étant : à quoi est du cette chute ? L’effet réseaux sociaux, une offre de blog emploi plus étendue,un internaute de plus en plus sollicité et donc plus zappeur ??? Si vous avez des pistes de réflexions ou des idées, n’hésitez pas, je suis preneur !

Et pour finir, trouvez ci-dessous les 5 billets les plus lus depuis la création de ce Blog :

- Pour bien mener un entretien de recrutement.
- L’entretien téléphonique, une étape importante dans le process recrutement.
- Dans la peau d’un Consultant en Recrutement.
- Les trois objectifs d’une lettre de motivation dans le cadre d’une candidature spontanée.
- Pour bien présenter votre candidature par écrit.

Nous voilà donc repartit pour une nouvelle année, RecruteuretCandidats fêtera ses 6 ans ! Merci encore à vous tous et au plaisir de continuer nos échanges sur ce blog, Twitter, Viadéo ou par mail (oldschool, mais fonctionne encore très bien !).

mercredi 2 mai 2012

Précarité & contrat de travail

Chers lecteurs,

En ligne depuis le 5 janvier, vous avez été 273 à répondre au « sondage du moment » qui avait pour question :

« Pour trouver un emploi, êtes-vous prêt à...... »

- 20% accepter un contrat précaire CDD, intérim (55 votants)
- 19% accepter un métier qui n'est pas le votre (52 votants)
- 19% accepter de partir à l'étranger (52 votants)
- 17% être payé moins que ce que vous estimez devoir être payé (47 votants)
- 12% ne rien accepter de tout cela (33 votants)
- 6% accepter des horaires ou des conditions de travail difficiles (19 votants)
- 5% accepter un travail à temps partiel (15 votants)

Les résultats de ce sondage montrent que pour trouver un emploi vous êtes 20% à « accepter un contrat précaire ». Profitons de ces résultats pour faire un point sur le contrat de travail et ses différentes formes possibles. Mais avant de traiter directement de ce sujet, prenons de la hauteur et regardons d’une part le « contrat » sous un aspect générique et historique. Pour d’autre part nous recentrer sur le contrat de travail et nous intéresser à son histoire, ainsi qu’à son état à aujourd’hui, mais aussi à ces formes futures.

Alors que le « contrat » nous paraît parfois bien moderne et occidental. Dans la réalité, il nous est plus que millénaire… En effet, les toutes premières preuves de « contrat », nous parviennent des profondeurs de l’histoire à travers le « Code de Hammurabi ». Ce dernier nous conte l’histoire d’Hammurabi, roi de Babylone au XVIIIe siècle avant J.-C., à travers décisions de justice, lois et autres contrats commerciaux établis avec les grandes cités de la Mésopotamie.
Enjambons quelques siècles, pour nous retrouver au cœur de l’empire romain, dans la domus de Lulius Paulus un célèbre avocat et juriste romain du IIIe siècle. Nous pourrions échanger allègrement avec lui sur le droit civil, pénal et pourquoi pas assister à l’un de ses cours de droit public ! Les romains théoriseront le droit et nous donnerons la plupart de nos bases juridiques d’aujourd’hui et notamment celle liées au contrat. Revenons à nos temps modernes et notamment à l’actuel Code Civil français, qui trouve ses racines et origines dans le Code Civil Bonaparte, et, qui définit le contrat dans son article 1101 :
« Le contrat est une convention par laquelle une ou plusieurs personnes s'obligent, envers une ou plusieurs autres à donner, à faire ou ne pas faire quelque chose »

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Après avoir posé les bases historique du « contrat » ainsi que son contenu juridique, concentrons-nous sur un contrat en particulier : le « contrat de travail ».
Prenons notre capsule temporelle et voyageons de nouveau à travers l’histoire ! Arrêtons-nous, en Europe au haut Moyen-Âge, le travail n’est pas une valeur très à la mode à l’époque, c’est l’oisiveté et la contemplation qui règnent en maître ! D’ailleurs, le mot « travail » n’apparaît qu’au XVIe siècle… Dans la culture chrétienne du haut Moyen-Âge, la besogne est punition divine, le serf est un être asservi, le travail ne commencera à trouver grâce qu’après l’an mil. C’est alors l’époque, du bas Moyen-Âge des premiers métiers, des statuts, guildes, hanses et autres gestes… Des communautés magnifiées par la renaissance, le retour au beau ainsi que par le travail du Maître Artisan et qui donneront naissance à un système : la corporation.
Dès lors ce système organise les relations au travail sous l’Ancien Régime (apprentissage, hiérarchie, salaires...) et segmente les métiers en communauté. A l’intérieur de chaque corporation existe des règles, des us, une hiérarchie et un pouvoir disciplinaire. Chaque corporation fonctionne sur un principe à trois niveaux : le Maître, l’Apprenti, le Compagnon et d’un quatrième acteur, bien souvent oublié, l’Ouvrier.

1) L’Apprenti, il commence généralement à 14 ans, pour une durée de quatre ans en moyenne, avec un maximum à 12 ans, nos CDD actuels font alors pâle figure ! Un contrat est signé devant notaire, les parents s’engageant notamment à couvrir les frais de bouche et d’entretien.
2) Le Compagnon, bénéficie d’un contrat d’une année, la durée indéterminée n’avait à cette époque pas la même valeur qu’aujourd’hui et faisait d’ailleurs plutôt référence à l’esclavage, ce que nombre de Compagnon refusait… Le Compagnon était avant tout un homme libre, fort de son savoir-faire et donc capable de se rendre indispensable à l’activité de son Maître !
3) L’ouvrier, aussi connu sous la dénomination de « journalier » n’avait quand à lui pas bien le choix et son CDD d’une journée semble de bien courte durée à comparer à nos actuels contrats précaires !

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Continuons notre voyage dans le temps pour nous retrouver en 1789, la Révolution Française gronde, c’est le temps des changements : abolition des privilèges, loi Le Chapelier et décret d’Allarde font table rase du passé et rendent obsolète le système des corporations. L’objectif des révolutionnaires est simple : supprimer les corps intermédiaires entre la nation et le citoyen, mais aussi libérer le marché du travail :
« Il sera libre à toute personne de faire tel négoce ou d'exercer telle profession, art ou métier qu'elle trouve bon » extrait du décret d’Allarde de mars 1791.

Enfin, il faudra attendre le XXème siècle et l’année 1910, pour qu’une loi codifie les premières lois ouvrières, notamment celle de 1841, limitant le travail aux enfants à partir de huit ans ! Ainsi que la reconnaissance légale du fait syndical en 1884 ou encore la loi de 1909 garantissant le versement du salaire à intervalles réguliers et la retraite à partir de 65 ans ! C’est en 1922 que sera achevé ce premier Code du Travail.

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Aujourd’hui, le contrat de travail se définit d’une part sur l’article 1101 du Code civil, l'article L. 1221-1 du code du travail précisant : « Le contrat de travail est soumis aux règles du droit commun... », d’autre part sur trois éléments essentiels : la prestation, la rémunération et le lien de subordination. Depuis les années 50 cohabitent CDD, intérim et CDI, ce dernier devenant la norme dans les années 70 et en 1999 sur le plan européen. L’histoire du CDI nous semble alors bien courte et symptomatique de cette fin du XXème siècle. En 2010 sur une population active de plus de 25 millions de personnes : 12% sont sous un statut non salarié et 88% sont sous statut salarié dont 10% avec un contrat précaire (CDD et intérim), 1,5% d’apprentis et 76,5% en CDI (y compris fonctionnaire).
Notons que les CDD et intérim se sont développés à partir des années 70 et 80 à l’aune du durcissement des règles de licenciement. Le marché de l’emploi est complexe, il fonctionne notamment sur une règle de « destruction créatrice » relevé par Joseph SHUMPETER, c'est-à-dire qu’il doit détruire des emplois pour en créer de nouveaux et ainsi de suite. Donc moins vous détruisez d’emploi, moins vous en créer ! Plus de deux tiers de nos emplois sont « indestructibles » par définition, car à durée indéterminée. Notre marché du travail se sclérose, les emplois précaires se pérennisent, ne jouant pas leur rôle de tremplin vers le CDI… Une question se pose alors : faut-il protéger les emplois ou les personnes ?
Certains répondent à cette question avec la notion de « flexisécurité » et notamment la création d’un contrat de travail unique. L’objectif étant de créer un CDI avec des modalités de licenciement plus souples permettant de répondre, en partie, à la règle de « destruction créatrice ».
Le débat est en tout cas rude entre les partisans du tout CDI et autres talibans de la « fléxisécurité » ou bien encore les jusqu’au-boutistes prêt à jeter le Code du Travail aux orties !
Pour ma part, j’espère vous avoir fait réfléchir à cette notion de précarité et vous propose un nouveau « sondage du moment » :

« … Quel est à votre avis, la priorité pour améliorer le travail aujourd'hui ? … »

- Augmenter les salaires
- Arrêter la course à la rentabilité et la productivité
- Prendre le temps de faire du travail de qualité
- Travailler mieux et tous
- Travailler moins mais tous

jeudi 5 janvier 2012

Le plus important dans le travail, pour vous, c'est...

Chers lecteurs,

En ligne depuis le 5 juillet, vous avez été 256 à répondre au « sondage du moment » qui avait pour question :

« Le plus important dans le travail, pour vous, c'est... »

Résultat de ce sondage :

- 28% l’utilité sociale de mon travail (73 votants)
- 26% les responsabilités (67 votants)
- 23% la rémunération (60 votants)
- 16% la charge et le temps de travail (37 votants)
- 7% la sécurité de l’emploi (19 votants)

Il est intéressant de noter que « l’utilité sociale de mon travail » arrive en première position, même si « les responsabilités » et « la rémunération » complète le trio de tête. Nous pouvons aisément lier « utilité sociale du travail » et « les responsabilités », notions très proches toutes les deux recouvrant l’idée d’être en charge de, d’être utile à, ou tout du moins de servir à quelque chose… De même, il est aisé de réunir « les responsabilités » et « la rémunération », car dans de très nombreux cas : un travail à « responsabilité » est bien souvent plus rémunérateur qu’une simple activité d’exécution. D’un autre côté, il est bien plus rare qu’un travail utile socialement entre dans cette catégorie des activités bien rémunérées !

Concentrons-nous sur cette notion « d’utilité sociale du travail » qui est de mon point de vue à rapprocher du concept même d’intérêt général. En effet, ce qui est utile socialement ne relève-t-il pas de l’intérêt de la société, c’est à dire de l’intérêt général ?
« L’utilité sociale d’un travail » et « travailler à l’intérêt général » sont donc deux notions par nature intimement proches. De part l’histoire de notre société, il est aussi par nature que l’intérêt général soit exercé par l’Etat et notamment ses forces vives, c'est-à-dire le fonctionnaire. De part son état, ce dernier dispose de droits statutaires. A l’exemple de sa rémunération, qui n’est pas le fruit de son travail, mais de son grade. Cette particularité lui permet donc de se consacrer entièrement à l’intérêt général… En effet, détacher sa rémunération, appelée traitement, de la réalisation d’une tâche ou d’une prestation permet au fonctionnaire de répondre en toute liberté, sans contrainte et sans pression, notamment de résultat économique, à l’intérêt général.

Alors que durant tout le XX siècle, le marché du travail lié au service public s’est construit sur cette notion d’intérêt général, que les fonctionnaires ont profité d’un rapport de force avantageux leur permettant d’acquérir un espace distinct, protecteur et statuaire. A l’inverse, le marché du travail dédié au privé s’est construit sur la loi de l’offre et de la demande, n’obéissant qu’à des règles marchandes, de plus en plus libérales et bien souvent au détriment de sa principale ressource : le capitale humain !
En parallèle à ces deux marchés du travail que sont le public et le privé s’est développé, depuis les années 70, un troisième marché celui de « l’utilité sociale », connu aussi sous la dénomination « d’économie sociale » ou bien encore « de service non marchand ». Un marché du travail hybride au sein duquel l’intérêt général laisse sa place à la notion « d’utilité sociale », qui permet l’introduction de concepts tels que : l’efficience économique ou bien encore le retour sur investissement…

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Aujourd’hui, l’Etat se désengage de plus en plus de ses missions d’intérêt général au profit de cette notion « d’utilité sociale du travail », à l’exemple de certains opérateurs privés à qui l'Etat délègue l'accompagnement des chômeurs… De même, la gestion de certains services sociaux, tels que la garde d’enfants, l’aide à domicile aux personnes âgées dépendantes, aux handicapés ou l’hébergement de SDF, sont assurés par des associations appartenant au monde de« l’économie sociale ». A l’inverse du statut de fonctionnaire qui permettait de se prémunir de logiques économiques peu en accord avec la notion d’intérêt général. Aujourd’hui de nombreux travailleurs, relevant du marché du travail, produisent des services non marchands et souvent dans des conditions, notamment salariales, très défavorables. Sans compter que l’offre de ces services n’étant plus du ressort de l’Etat, mais au service d’enjeux financiers, celle-ci se fait bien souvent en dehors de l’égalité de traitement des usagers auquel l’Etat est par essence contraint.
La messe est donc dite ! C’est au monde associatif et à certains opérateurs économiques de prendre en charge l’intérêt général : monopole d’Etat, hérité des Lumières et de la Révolution Française ! Encore une spécifié du modèle à la française mis à mal par le rouleau compresseur de l’ultra libéralisme…
Mais en dehors de cette perte d’intérêt de l’Etat à l’intérêt général… Il est plus préoccupant que cette extension du domaine de « l’utilité sociale » égratigne le statut du fonctionnaire et le malmène. Mais aussi qu’elle scelle le destin des services non marchands, les laissant à la merci des lois du marché !

De ce constat se pose alors quelques questions : quel statut pour tous ces professionnels en action dans les associations ? Leur situation est souvent bien précaire, dépendant des subventions de l’Etat, des priorités sociétales, gouvernementales et aujourd’hui des marchés financiers.
Mais plus largement et en prenant de la hauteur, c’est la notion même de « service non marchand » qui est en jeu et en questionnement. Ceux-ci sont-ils régis par les lois du marché concurrentiel ou doivent-ils être gérés dans le cadre de l’intérêt général et de l’égalité des usagers ?
Il est essentiel que toutes ces questions trouvent des réponses pour que le travail socialement utile se développe plus largement en France, qu’il prenne son véritable essor et dans de bonnes conditions. Car, il s’agit de milliers d’emplois que « l’économie sociale » pourrait générer, une véritable aubaine en ces temps de crise et d’augmentation du chômage ! Malheureusement, tous nous gouvernements successifs nous ont abreuvés de cette manne d’emplois, mais sans jamais vraiment construire des bases saines pour son développement… Et tant que le courage politique et vision d’avenir seront dépendant de quelques lettres de l’alphabet, nous pourrons attendre bien longtemps ! Et pourtant, les réalités sont bien là, comme nos besoins sur la dépendance, ainsi qu’une demande forte de la population active de se sentir utile socialement, d’avoir des responsabilités et de gagner leur vie à la juste hauteur de leur implication dans la société…
Nous devons donc construire une véritable société du travail de l’humain pour l’humain, avec deux priorités : donner une vraie valeur, mais autre qu’économique ou financière, au « service non marchand », une valeur sociétale ou plutôt d’intérêt général ! Car c’est là, à mon sens que le bas blesse… Revenons à aux vraies valeurs, à celle qui font notre république, soutiennent notre démocratie, commémorent nos Lumières et rappel nos acquis révolutionnaires ! Comme celle de « l’intérêt général », qui se doit de revenir au devant de la scène comme l’est aujourd’hui une autre valeur, très proche, mais plus d’actualité, le « développement durable ». Mais tout ceci est un autre débat, vous laissant réfléchir à ces quelques écrits et au plaisir d’échanger avec vous sur ce sujet.

Je vous propose un « nouveau sondage du moment » :

« … Pour trouver un emploi, êtes-vous prêt à ... »
- « …accepter un métier que n’est pas le votre… »
- « …être payé moins que ce que vous estimez devoir être payé… »
- « …accepter un travail à temps partiel… »
- « …accepter un contrat précaire CDD, intérim… »
- « …accepter de partir à l'étranger… »
- « …accepter des horaires ou des conditions de travail difficiles… »
- « … ne rien accepter de tout cela… »

mardi 5 juillet 2011

« Votre entreprise facilite-t-elle l’emploi des Séniors ? »

Chers lecteurs,

En ligne depuis le 18 janvier, vous avez été 86 à répondre au « sondage du moment » qui avait pour question :
« Votre entreprise facilite-t-elle l’emploi des Séniors ? »

Résultat de ce sondage :

- 69% Non pas pour le moment (60 votants)
- 17% Oui, un accord d’entreprise a été signé (17 votants)
- 12% Oui, c’est en projet (11 votants)

L’emploi des Séniors est un des enjeux de société que se doivent de réussir politiques et entreprises dans nos civilisations vieillissantes qui devront dans les années à venir faire face à des déséquilibres notables entre actifs et inactifs. Mais, c’est surtout un challenge que nous devons tous relever, car ne sommes-nous pas tous les seniors de demain ?
Mais qui sont les seniors ? Il n’existe pas de définition officielle pour les « seniors », ni précisément d’âge à partir duquel on devient senior… Mais retenons qu’à partir de 50 ans les portes de la séniorité s’ouvrent à nous ! Et que les difficultés à l’emploi se rencontrent à partir de 45 ans. Nos sociétés se rêvent jeune, entourées de geeks, de bobos et autres Y… La réalité est toute autre, nos sociétés vieillissent et « rejettent » des actifs parce qu’ils ont atteint l’âge canonique de 45 ou 50 ans, ne sommes-nous pas tous devenus fou ? N’oublions pas qu’en 2050, en France, un habitant sur trois serait âgé de 60 ans ou plus, contre un sur cinq en 2010 ! Il est donc illusoire de penser que le monde de l’entreprise pourra se passer des seniors… Et pourtant, le constat actuel est des plus alarmant : le taux d’emploi des 55-64 ans en France est un des plus bas de l’UE : 37% contre 42% pour la moyenne européenne !

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Le constat est donc sans appel : il est très difficile pour un senior ayant perdu son emploi de rebondir sur de nouvelles opportunités. En effet, plus d’un senior sur deux est au chômage de longue durée ! Et après 55 ans, les seniors se dirigent plus vers l’inactivité que la reprise d’un emploi. Vu les enjeux et le constat sur le vieillissement de la population nos sociétés ne peuvent continuer à « bannir » nos seniors du marché de l’emploi !

Les actifs doivent pouvoir arriver à la fin d’une carrière avec une retraite à taux plein, les entreprises doivent bénéficier des transmissions de compétences dans de bonnes conditions. Il s’agit avant tout de faire changer les esprits, les idées préconçues et le regard que l’on porte sur les seniors. Car bien souvent le sénior c’est l’autre, celui dont on ne veut pas, mais demain c’est nous tous ! Les mentalités sont au cœur du problème de l’emploi des seniors, combien de fois nous entendons : « … il a plus de 50 ans, c’est pas possible dans mon équipe… », « … il va nous coûter plus cher qu’un jeune… », « …il ne va pas s’adapter à nos structures… », « … je me sens pas capable de manager un senior… », « … à son âge, il doit être à la ramasse au niveau informatique… ». Que d’idées préconçues et de préjugés !
La mise en place d’un accord permet de réaliser un travail sur ces attitudes et de faire changer les mentalités. Mais aussi de définir plus précisément : le cadre du recrutement des séniors, l’évolution des carrières professionnelles, les conditions de travail et de prévenir la pénibilité, le développement des compétences et l’accès à la formation, les contours de fins de carrières et la transition vers la retraire, mais aussi la transmission des savoirs en développant le tutorat… Et bien d’autres chantiers, il est par contre regrettable que peu d’entreprises se soient engagées dans ce type de démarche. Espérons que les mentalités changent et que les entreprises s’engagent de plus en plus dans ce type d’action.

Au plaisir d’échanger pour débattre de ce sujet avec vous. Par ailleurs, je vous propose un « nouveau sondage du moment » :

« Le plus important dans le travail, pour vous, c’est… »

- La rémunération
- Les responsabilités
- L’utilité sociale de mon travail
- La sécurité de l’emploi
- La charge et le temps de travail

lundi 11 octobre 2010

Egalité des chances et évolution de carrière

Chers lecteurs,

En ligne depuis le 18 janvier, vous avez été 203 à participer au « sondage du moment » qui avait pour question :

Pensez-vous qu'il existe dans votre entreprise une inégalité de chances dans l'évolution de carrière des femmes par rapport aux hommes ?

Résultat de ce sondage :

- 45% Oui, rien n'est fait pour favoriser leur évolution professionnelle (92 votants)
- 36% Non, les chances d'évolution sont les mêmes pour les femmes que pour les hommes (74 votants)
- 18% La situation doit encore s'améliorer mais mon entreprise a une vraie politique en faveur des femmes (37 votants)

Avant d'analyser les résultats de ce sondage et vous apporter mon point de vue, il me semble nécessaire de replacer les avancées de la libéralisation de la femme dans un contexte historique et culturel.

En effet, nos sociétés occidentales et notamment européennes sont empreints d'une culture judéo-chrétienne, au Moyen-âge le mythe de la création originelle de la femme créée non en même temps que l'homme, mais à partir d'une des côtes de ce dernier définit la vision de l'homme à l'égard des femmes : la soumission et l'obéissance... Sans compter que la femme est à l'origine du malheur du genre humain, notamment au travers du mythe chrétien : Eve incitant Adam à manger le fruit interdit.... Afin d'étayer mon propos, je vous propose de lire un extrait de la genèse :

« ... Il dit à la femme: J'augmenterai la souffrance de tes grossesses, tu enfanteras avec douleur, et tes désirs se porteront vers ton mari, mais il dominera sur toi. Il dit à l'homme: Puisque tu as écouté la voix de ta femme, et que tu as mangé de l'arbre au sujet duquel je t'avais donné cet ordre: Tu n'en mangeras point! Le sol sera maudit à cause de toi. C'est à force de peine que tu en tireras ta nourriture tous les jours de ta vie... C'est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, jusqu'à ce que tu retournes dans la terre, d'où tu as été pris; car tu es poussière, et tu retourneras dans la poussière »

La messe était donc dite pour la femme ! Nos sociétés anciennes acquises sans limites au dictat de l'Eglise ne pouvaient donc que placer la femme dans une condition d'avilissement...
Il faut donc attendre la Révolution française pour révéler les premiers mouvements féministes et notamment les premiers défenseurs des femmes, notamment auprès du Marquis de Condorcet qui proclame « Je crois que la loi ne devrait exclure les femmes d'aucune place... Songez qu'il sagit des droits de la moitié du genre humain... »

Pourtant le mouvement révolutionnaire de 1789 n'ira pas très loin dans la libéralisation de la femme. Rejetées des débats politiques ces dernières ne bénéficieront de quelques avancées civiles... D'ailleurs l'avancée de nos sociétés modernes vers le suffrage universel se fera sans les femmes. Et même la naissance du prolétariat et donc de la condition ouvrière sous la Révolution industrielle ne profitera pas beaucoup aux femmes et ce malgré des mouvements comme les suffragettes en Angleterre et les munitionnettes durant la première guerre mondiale... Il faudra donc attendre le début du 20ème siècle et notamment l'après guerre pour que les femmes accèdent dans la plupart des pays occidentaux au droit de vote et donc à l'égalité politique...

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Reste à la femme de conquérir l'espace social et économique... En France, les mouvements féministes des années 60 et 70 participent grandement à cette conquête et à l'émancipation des femmes et poussent les différents gouvernements à aller dans ce sens. C'est le vote de plusieurs lois en faveur de la liberté de la femme : le droit à l'avortement (Merci Simone !), la légalisation des moyens de contraception, le droit d'exercer une profession sans l'autorisation du mari, rendez-vous compte que cette mesure date de 1965 ! Dans les années 80 une série de lois sera votée pour statuer sur l'égalité de traitement de salaire et d'évolution des femmes. Pour arriver en 2005 avec une nouvelle loi sur l'égalité professionnelle, néanmoins sans critère contraignant ni sanction, en cas de non-respect des objectifs... Le courage et la politique ne font décidément pas très bon ménage.

Alors que les femmes représentent plus de 45% de la population active et plus de 30% des emplois à temps partiel... Il apparaît, à la corrélation de ces deux chiffres, que ces dernières subissent des inégalités et des injustices dans le monde professionnel. Le combat des féministes des années 60 et 70 se doit d'être poursuivi dans le monde de l'entreprise et à tous les niveaux de la société... Et les résultats de ce sondage, 45% des votants déclarant que « rien n'est fait pour favoriser leur évolution professionnelle », ne font que confirmer que de nombreux combats sont encore à gagner par et pour les femmes, mais aussi avec la participation des hommes qui se doivent de n'accepter aucune discrimination !
Au plaisir d'échanger avec vous autour de ce thème tout en vous annonçant le nouveau « sondage du moment »

Votre entreprise facilite-t-elle l'emploi des Seniors ?


Oui, un accord d’entreprise a été signé
Oui, c’est en projet
Non, pas pour le moment

lundi 18 janvier 2010

Trouver un équilibre entre vie personnelle et professionnelle

Chers lecteurs,

En ligne depuis le 30 septembre, vous avez été 208 à répondre au « sondage du moment » qui avait pour question :

Quels sont vos objectifs professionnels ?

Résultat de ce sondage :

- 52% trouver un équilibre entre vie personnelle et professionnelle (110 votants)
- 15% vous spécialiser dans un domaine (30 votants)
- 14% avoir un haut niveau de revenu (28 votants)
- 7% lancer votre propre entreprise (15 votants)
- 6% multiplier les expériences (14 votants)
- 5% travailler à l’international (11 votants)

La recherche d’un équilibre entre vie personnelle et professionnelle ressort donc à travers cette consultation comme un élément important pour de nombreux lecteurs de RecruteuretCandidats. Bien que celle-ci semble plus préoccuper les diplômés de l’enseignement supérieur, c’est à dire les cadres et agents de maîtrise en entreprise. A contrario, des employés et ouvriers qui apparaissent plus soucieux de la sécurité de leur emploi… Il paraît intéressant de commenter ce résultat à travers deux questions :

1) Pourquoi cette recherche d’équilibre est-elle devenue une priorité pour une partie de la population active française ?

Alors que chacune de ces deux sphères : vie personnelle et professionnelle apparaissent de plus en plus interdépendantes, interconnectées, sans frontière et avec une « porosité » de plus en plus accrue l’une pour l’autre. Il semble donc juste que la recherche de cet équilibre soit devenue une priorité pour de nombreuses personnes.

Young successful businessman works in field on notebook
2) Quelle peut-être l’origine à cette recherche d’équilibre ?

Effet 35 heures, génération Y, malaise des cadres, désaffection des salariés envers les entreprises ? Un petit mélange de tous ces différents éléments et notre cocktail « Equilibre entre vie personnelle et professionnelle » prend forme, ne manque plus qu’un élément primordial : l’avènement des NTIC dans le monde du travail et notamment la portabilité du travail au travers des Smartphone, PC portable, carte 3G, wi-fi…

Toutes ces nouvelles technologiques nous facilitent la vie au travail, nous libèrent et nous affranchissent d’anciennes contraintes, tout en donnant de nouvelles frontières au modèle classique du travail « boulot, métro, dodo » des années 60. Aujourd’hui, nous pouvons travailler (en connexion avec notre entreprise, nos clients et fournisseurs) dans nos déplacements, un peu près partout et à toute heure ! Néanmoins, ces nouveaux outils sont intrusifs et « addictifs », accentuant la porosité entre vie personnelle et professionnelle…
Sans compter la montée en puissance d’internet dans nos vies (privées et professionnelles), des réseaux sociaux, du télétravail… Tous ces éléments se mélangent, s’interconnectent, se croisent et se recroisent dans un flux d’informations incessant… Toutes ces nouvelles technologies, sans compter les nombreuses à venir, nous posent question sur notre rapport au travail et son impact dans notre vie personnelle. L’enjeu est simple, mais tout à la fois complexe : « dompter » ces nouvelles technologies pour nous libérer des anciennes contraintes du type « métro,boulot, dodo » sans altérer les frontières entre vie personnelle et professionnelle.

Vous laissant réfléchir à cette analyse, RecruteuretCandidats vous propose un nouveau « sondage du moment » :

Pensez-vous qu’il existe dans votre entreprise une inégalité de chances dans l’évolution de carrière des femmes par rapport aux hommes ?

1) Oui, rien n’est fait pour favoriser leur évolution professionnelle.

2) La situation doit encore s’améliorer mais mon entreprise a une vraie politique en faveur des femmes.

3) Non, les chances d’évolution sont les mêmes pour les femmes que pour les hommes.

Au plaisir de vous lire prochainement.

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