Recruteur et candidats

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Mot-clé - Les aventures de RH Junior

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lundi 24 novembre 2008

Les aventures de RH Junior : Recruitment City

fantomette1.gifJe flânais le long du blog insolite Recrutement by Taste et, en explorant ses diverses rubriques, je découvre ce billet : « pourquoi ne pas appliquer la théorie du storytelling à la GRH ?».
Dans cet excellent billet, l’auteur reprend le concept selon lequel « l’utilisation du récit a plus d’impact que la description factuelle», et transpose ces impacts…en recrutement !




En effet l’auteur annonce une recherche future, à partir de l’hypothèse suivante : « un CV qui raconte une histoire a plus de chances d’être sélectionné par un recruteur qu’un CV factuel ».…
A la lecture de ces mots j’eus comme un choc, un écho à mon désir que je croyais jusque là purement fantaisiste : rapprocher mes deux univers préférés, la RH et la Fiction… pour que chacun se nourrisse de la richesse de l’autre...
J’entrevis alors un moyen de redonner à l’Imagination toutes ses lettres de noblesse dans le management du développement humain !
Pleins de questions émergèrent aussitôt : qu’est ce que cette liaison RH et Fiction peut concrètement donner en situation réelle de travail? Comment et dans quel but, un responsable RH peut-il utiliser le pouvoir créateur de l’imagination et de la fiction pour le développement de ses collaborateurs ? Quels bénéfices pourra-t-il en retirer, quelle plus value par rapport à des modes de management plus « académiques » ? A l’heure où chaque idée en gestion ne devient intéressante que si elle est transformable en outil (toolkit pour les franglophones), on se demandera légitimement « comment la fiction peut-t-elle devenir un outil pour des process RH comme le recrutement, la formation, la gestion des compétences », etc… ? Et comment élaborer une «HR-fiction-tool » pertinente ? Je n’ai pas encore les réponses à toutes ces questions.
En revanche, je vois déjà comment on peut utiliser le storytelling, la fiction, dans le vécu individuel de son monde professionnel…


Dans le film « Stranger than Fiction », le personnage principal découvre qu’il est le héros d’une fiction et il doit découvrir s’il s’agit d’une comédie ou d’une tragédie. De même, selon la théorie de l’analyse transactionnelle, on se construit tous des scénarios de vie, inconsciemment, qui déterminent notre manière de vivre notre vie…
Pour ma part j’ai toujours aimé envisager tout ou partie de ma vie comme de la fiction, mais non figée dans un genre précis : j’aime à vivre certains épisodes de ma vie à la manière de mes films, livres et séries préférées …
Ce peut être des drames comme des comédies mais il y a un point commun entre toutes ces fictions qui m’inspirent pour l’image de ma vie : ce sont des histoires qui s’apparentent, grosso modo, au roman d’apprentissage.

Pour voir si le storytelling a effectivement plus d’impact que l’énoncé factuel des choses, je fais ici une expérimentation : je vous présente un épisode de mon expérience de chargée de recherche en cabinet de recrutement médical. Plus précisément il s’agit ici de raconter un épisode de chasse de tête à la manière d’une fiction, la première scène du film Sin City, dont je suis fan.
C’est pourquoi j’ai appelé cette storytelling :
Recruitment City
A Recruitment City, si tu prends la bonne ruelle, tu trouveras tout ce que tu cherches : un médecin, un chirurgien, un cadre de santé, une infirmière en réanimation cardiaque…
Car tout s’achète, ici. Sauf la liberté…

sin-city.bmp

Ce matin-là, il pleuvait à cordes et les nuages bas traversés d’éclairs fugitifs, donnaient une atmosphère mystérieuse à la ville.
Arrivée au bureau, je bus mon premier café, puis je composais les 14 chiffres de son numéro de téléphone. Quelques secondes plus tard une voix masculine mélodieuse et un peu lointaine me répondit, en direct de Rome :
- Pronto ?
Derrière le combiné du téléphone, je lui laissai deviner l’esquisse de mon sourire.
Il m’accorda alors son attention pour quelques instants.
- Vous êtes bien le Docteur D. ?
- Oui, c’est moi. Vous souhaitez prendre un rendez-vous ?
- Je ne vous appelle pas pour une consultation, ce qui m’intéresse, c’est vous. J’aimerais vous proposer une nouvelle opportunité de carrière. Ça peut vous intéresser ?
- Bien sûr. Pourquoi pas ? Comment m’avez-vous trouvé ?
- Je cherche depuis des jours un profil comme le vôtre. J’ai tout lu sur votre parcours. Vous êtes le médecin idéal qu’un établissement de santé rêverait d’avoir dans son équipe. Ce n’est pas seulement votre formation, vos expériences…, ou vos compétences relationnelles avec les patients…
C’est votre voix, tout ce que j’entends dans votre voix.
- Qu’entendez vous dans ma voix? dit-t-il un peu supris.
- J’y entends une ambition extraordinaire, et en même temps une angoisse de ne pouvoir la satisfaire. Vous en avez assez de fuir les challenges. Vous êtes prêt à relever les défis qui s’offrent à vous. Mais vous ne voulez pas y aller seul.
- Non, je ne veux pas y aller seul.

Sa voix est feutrée et chaleureuse et presque apaisante. Son enthousiasme est une douce promesse qui me fait monter les larmes aux yeux.

Je lui dis que tout ira bien, qu’on l’aidera à relever tous les challenges, si grands soient-ils et qu’il pourrait aller loin, très très loin dans sa carrière.
Je lui dis…que j’apprécie particulièrement notre collaboration.

Je maintient le lien et suit pas à pas les étapes de son recrutement, jusqu’à ce qu’il signe le contrat avec notre client.

Je ne saurais jamais ce qui le poussait à quitter Rome la magnifique pour une petite ville perdue dans une froide région de France.
J’encaisserai la prime pour son recrutement demain.

lundi 4 août 2008

Les aventures de RH Junior : Les 4 C

Chers lecteurs,

fantomette-petit.GIFLe présent billet a pour but, notamment, de répondre à certaines de vos interrogations et remarques soulevées dans les commentaires au précédent billet. A la lecture de ces précieux commentaires, il m'a en effet semblé utile de vous donner un regard sur le fonctionnement d'un cabinet de recrutement. Pour cela j'ai choisi de vous présenter :




« Les Grands Personnages d'un Cabinet de Recrutement: les 4 C »

recruitment.jpg

CONSULTANT

Rôle
Celui qui prospecte les clients, vend les prestations de recrutement, fait signer les contrats de recrutement.

Costume
Version homme: Note de fond sobre avec des touches de fantaisie (costume Calvin Klein, agrémenté d'une cravate à fleurs Kenzo et chemise rose fluo de rigueur).
Version femme: Combinaison T3 (Tailleur, Talons, Top).

Droits
Demander des comptes aux Chargés de Recherches, recadrer client et candidat quand ils abusent de leurs prérogatives.

Devoirs
Ne pas s'engager à pourvoir un poste dans les délais si l'on sait par avance que c'est une mission impossible, obtenir les informations nécessaires sur le poste que l'on va vendre et les communiquer au Chargé de Recherche, avoir un contact au moins téléphonique avec le candidat avant de l'envoyer chez le client.

Outils
L'O.P.C.T: Ordinateur portable, Palm, Costume, Téléphone portable.

Arme secrète
Utiliser son statut et son titre pour être labellisé Professionnel.

Objectifs individuels
Décrocher beaucoup de contrats avec d'importantes firmes et obtenir des Chargés de Recherches de nombreux et bons candidats rapidement, être reconnus par sa hiérarchie, ne jamais être contredit par un Chargé de Recherche.

Vice(s) caché(s):
Mettre la pression sur les Chargés de Recherche.. et se défouler sur eux de leur frustrations professionnelles, profiter du statut de cadre pour arriver en retard sans avoir à se justifier.
Phrase(s) préférée(s) :
« J'ai un nouveau client », « Alors, vous m'avez trouvé un candidat? ».

CLIENT

Rôle
Celui qui a besoin d'un candidat et qui préféré payer cher un cabinet au lieu d'embaucher un chargé de recrutement en interne.

Costume
Celui qu'il veut, et les contacts avec lui étant essentiellement téléphoniques, il pourrait tout aussi bien porter une cape d'invisibilité. On pourrait donc dire que son « costume » c'est sa voix, différente pour chaque client: parfois aimable et empreinte d'humour, parfois autoritaire et mécontente mais toujours en attente de résultats.

Droits
S'enquérir régulièrement de l'évolution des recherches, avoir la vérité sur les possibilités de réalisation de la mission.

Devoirs
Payer la prestation, ne pas nous « doubler » (ex: recruter un candidat sélectionné par notre cabinet sans nous le dire et en faisant semblant de l'avoir trouvé tout seul).

Outils
Le stylo, indispensable pour signer les contrats de recrutement.

Arme secrète
Il est CLIENT, c'est une arme en soi.

Objectifs individuels
Qu'on lui fournisse rapidement LE bon candidat, expérimenté, jeune, talentueux, relationnel, disponible immédiatement ET pas cher.

Vice(s) caché(s) :
« Oublier » de rembourser les frais de déplacement du candidat alors qu'il s'y est engagé, essayer d'avoir deux candidats pour le prix d'un, téléphoner tous les jours au cabinet dés le lendemain de la signature du contrat en prétextant de l'urgence du recrutement et finir par n'embaucher aucun des candidats reçus.

Phrase(s) préférée(s)
« Envoyez-moi DANS LA MATINEE un compte-rendu de vos résultats de recherches, j'ai un conseil d'administration ce soir ».

client.gif

CANDIDAT

Rôle
Celui qu'on recherche désespérément, et qui, en acceptant un poste, fait monter le chiffre d'affaires du cabinet et les primes des Consultants et Chargés de Recherche.

Costume
Varie en fonction de sa personnalité et profession, pour les Chargés de Recherches son apparence est essentiellement vocale, comme celle du Client.

Droits
Refuser le poste qu'on lui propose, avoir toutes les informations sur le poste et son environnement avant de signer le contrat de travail, être écouté, avoir le sourire des Chargés de Recherches, ne pas être réprimandé comme un enfant quand il annule un entretien, ne pas être manipulé, avoir une réponse à sa candidature.

Devoirs
Envoyer son CV lorsqu'il s'y est engagé, ne pas se désister au dernier moment et nous décrédibiliser au yeux du Client, se présenter propre et sobre chez le client, ne pas tenter de nous doubler.

Outil
Essentiellement le CV.

Arme secrète
Avoir des qualifications dans un poste en pénurie et savoir en jouer.

Objectifs individuels
Obtenir un bon poste, bien payé, en accord avec ses souhaits.

Vice(s) caché(s)
S'imaginer qu'il a une grande renommé dans sa branche professionnelle et qu'il est exceptionnellement talentueux, puisqu'il est contacté par un cabinet de recrutement, se sentir le roi du monde parce qu'on vient le débaucher, faire languir Clients et les Chasseurs en ne disant ni oui ni non, exaspérer le cabinet en n'envoyant pas les documents administratifs nécessaires pour clore le contrat, avoir le plaisir de raccrocher brutalement au nez.

Phrase(s) préférée(s)
« Quel est le salaire proposé ?», « Ma mobilité géographique c'est la ville où je réside», « Je ne suis pas intéréssé », « Comment avez-vous trouvé mes coordonnées? », « Oh, moi vous savez, avec mon profil, j'ai beaucoup de propositions, mais allez-y quand même, on se sait jamais... », « Merci beaucoup».

CHARGÉ DE RECHERCHE

Rôle
Celui qui chasse et débauche le Candidat par téléphone.

Costume
De sexe généralement féminin les Chargées de Recherches arborent des tenues à la fois soignées, féminines, pas trop strictes et suffisamment confortables pour être à l'aise lorsque l'on doit réaliser plusieurs flexions de l'avant bras avec le téléphone...Consultante ou Chargée de Recherches, la gente féminine est avantagée sur ce point par rapport aux hommes qui, selon les saisons, grelottent ou transpirent à grosses gouttes sous leur costard cravate. Cela vaut bien la torture des jolis talons impitoyables, supplice auquel les Consultants échappent.

Droits
Avoir un minimum d'informations sur le poste pour pouvoir rédiger une annonce et le proposer aux candidats.

Devoirs
Bien comprendre le poste avant de le vendre, se débrouiller pour avoir les informations sur le poste lorsque le Consultant ne les communique pas, utiliser à bon escient tous les moyens de recherches de candidats (annuaire professionnel, cvthéques, sites d'annonces, chasse, etc.) avant de déclarer forfait.

Outils
Sa voix.

Armes secrètes
Sa personnalité, le sourire, une voix qui résiste toute la journée, des capteurs ultrasensibles pour détecter l'humeur d'un candidat et la façon dont il faut l'aborder.

Objectifs individuels
Trouver rapidement des candidats pour tous les postes et toucher un max de primes, participer aux entretiens physiques, être reconnu, être mieux payé et devenir un jour consultant ou chargé de recrutement dans une belle entreprise.

Vice(s) caché(s)
Échanger des mimiques moqueuses avec ses collègues pendant qu'il est au téléphone avec un candidat; avancer des arguments à la limite du loufoque pour vendre un poste parce que ça lui donne envie de rire; adorer les moments où il a une forte envie d'éclater de rire pendant qu'il est au téléphone; narguer un candidat trop hautain sans que celui-ci s'en rende compte; prendre un malin plaisir à répondre aux mails de mécontentement d'un client par un mail neutre en décalage complet avec le ton conflictuel du client et faire ainsi ressortir implicitement le comique de l'échange; fantasmer sur le plat potentiel du déjeuner dés 11h; grignoter à toute heure de la journée, ne jamais manquer l'occasion de faire des commentaires sur les photos que les candidats mettent dans leur CV.

Phrase(s) préférée(s)
« Cabinet ALPHABETAGAMA AND CO, Amélie, bonjour?! ».
« J'ai trouvé un candidat!»

Merci pour vos commentaires et réactions.

lundi 28 avril 2008

Les aventures de RH Junior

Cher lecteurs voici enfin la suite promise, en m’excusant du retard pris dans la production de ce deuxième épisode…

4. A travers le téléphone : premières micro stratégies d’auto motivation

fantomette-petit.GIF« Allô Docteur A. ? Bonjour, je suis Y., je travaille dans un cabinet de recrutement et je vous appelle pour vous proposer un poste dans votre spécialité.
(…)
Allô Docteur Z ? Je suis Y. du cabinet de recrutement B., êtes vous à l’écoute de nouvelles opportunités professionnelles ?
(…)
Bonjour, puis-je parler au Docteur C. ? De la part de Y. Il s’agit d’un sujet personnel, qui concerne le Dr C. en personne, c’est confidentiel.
(…)

Oui bonjour Docteur D., je suis Y. du cabinet de recrutement &, est- ce le bon moment pour parler avec vous maintenant ? (…) Je vous appelle pour faire le point avec vous, voir où vous en êtes au niveau professionnel et si l’on peut vous proposer des postes en lien avec vos desiderata.»

Ces phrases de première approche avec les candidats sont devenues un refrain que je débite quotidiennement à travers un téléphone, l’arme fatale n°1 du chasseur de têtes. Au tout début je ne me lassais pas de les répéter car une conviction profonde m’animait : j’offrais aux candidats une nouvelle opportunité, une nouvelle voie, un choix de carrière, la possibilité de changer de ville, changer d’environnement, changer de collègues et tout recommencer à zéro. Pendant les quelques minutes où j’avais le candidat au bout du fil je m’intéressais réellement à lui et, parfois, lorsqu’il s’agissait d’un candidat que nous avions déjà dans nos fichiers, on faisait un petit bilan ensemble avant de lui proposer un poste. Lorsque l’opportunité que je proposais au candidat pouvait coïncider avec ses desiderata, avec un objectif ou un projet de vie, cela me rendait heureuse. Dans le cas contraire, qui était le plus fréquent, lorsqu’un candidat me disait qu’il était déjà bien dans son poste, je l’en félicitait et me réjouissais pour lui. Si un candidat était intéressé pour changer de job mais n’était pas séduit par mon offre de poste, je l’interrogeais alors sur ses desiderata, je notais cela dans mon « tableau de chasse », je l’en remerciait pour m’en avoir fait part et lui assurait de le recontacter le jour où nous recevions une offre en adéquation avec ses souhaits. Tout cela peut avoir un côté un peu naïf et utopique mais c’est en ayant cet état d’esprit là que je pouvais, sans lassitude, passer plusieurs dizaines de coups de fil par jour et ne me pas me sentir dépitée ou frustrée ou démoralisée par plusieurs dizaines de « non, merci je ne suis pas intéressé. » En réalité mon attitude et ma perception de mon activité découlaient d’une stratégie qui me permettait de voir les choses en beau et pouvoir ainsi continuer mon boulot sans que cela me soit pénible. Cette stratégie consistait à transformer dans mon esprit le commercial en relationnel.

En outre, cela me semblait en lien avec ce que je croyais qu’on attendait de moi… Car lors de l’entretien d’embauche, on m’avait signifiée que la qualité principale d’un chargé de recherche est la capacité d’écoute. C’est pourquoi, bien que consciente de la part commerciale de la chasse, je pensais que le relationnel primait sur le commercial ou que je pouvais transformer le commercial en relationnel.

Or je me rendis rapidement compte que même si un commercial doit avoir des compétences relationnelles (« la tchatche ») l’équation relationnel- commercial est impossible. Aussi mes superviseurs m’ont rapidement fait comprendre que l’écoute avec un candidat n’avait qu’un seul but : détecter si celui-ci possède bien les minima requis pour le poste (diplôme+expérience) et si le job l’intéresse. Dans le cas contraire il faut couper court, poliment mais promptement, à la conversation.

metro.jpg

C’est ainsi que la représentation initiale que je me faisais de mon activité s’effondra et je dus inventer d’autres stratégies pour continuer à travailler sans morosité. C’est à peu prés à cette époque que je commençais à attendre avec impatience la fin de mes journées, les week-ends et rêver de vacances au soleil ainsi que de paysages paradisiaques pendant que je parcourais les souterrains de ma ville à l’entrée ou à la sortie d’un métro.

Au plaisir de lire vos réactions et commentaires…

mercredi 5 mars 2008

Les aventures de RH Junior

Chers lecteurs,

fantomette1.gifDepuis quelques temps, j’échange avec une RH Junior par mail et via RecruteuretCandidats… A 27 ans, RH Junior est diplômée d’un Master 2 en Management des Ressources Humaines et a depuis peu décroché un poste de Chargée de Recherche dans la santé pour une grande enseigne du recrutement. Suite à l’obtention de ce premier job, RecruteuretCandidats souhaite vous faire participer à cette nouvelle aventure et vous faire découvrir le monde du recrutement à travers le regard d’une RH Junior. Une nouvelle catégorie fait donc son apparition sur RecruteuretCandidat : « Les aventures de RH Junior», que j’espère vous aurez plaisir à lire régulièrement.

Bienvenue aux aventures de notre RH Junior et à son premier billet !

1. Reflets de chasseurs

Chers lecteurs,

Avant d’entrer dans le vif du sujet je tiens d’abord à remercier Laurent pour m’avoir donné la chance de m’exprimer dans cette rubrique.
Il y a encore peu de temps j’étais moi-même candidate à l’emploi et, lors de cette phase remplie de ses craintes propres, Laurent a eu la gentillesse de me faire bénéficier de ses conseils pour décrocher mon premier job dans mon cœur de métier : les ressources humaines.
Comme Laurent vient de le dire, dans ce vaste domaine j’ai une spécialité : le recrutement par approche directe, dite « chasse de tête ».
Pour beaucoup d’entre nous des images diverses nous assaillent lorsque l’on entend parler de « chasseur de têtes ». Aussi, pour éviter toute équivoque, je confirme qu’un chasseur de têtes n’est ni un bushman contemporain, ni un « Bounty Killer » tout droit sorti d’un western, ni un guerrier mongol chevauchant dans les steppes en faisant tournoyer un sabre au dessus de sa tête ; quoi qu’il y ait un peu de tout cela dans cette pratique mystérieuse... Serial recruteur mais point serial killer, d’aucuns pourraient le qualifier de « mercenaire » et je ne les contredirais pas, trouvant l’image à mon goût.
Consciente de toute cette symbolique autour de cette pratique et désirant m’en montrer digne, je commençais mon premier jour de « chasseuse » avec le trac du nouvel embauché et, bien évidemment, les appréhensions du début dans un endroit où l’on est « le nouveau ».

HeadHunter_2.jpg

2. Nouveau décor

Arrivée dans mon nouveau bureau je fus étonnée de ne pas découvrir un autel voué à la déesse Diane Chasseresse, trônant au milieu de gros contrats de recrutements aboutis, en guise de trophées de chasse. Je ne remarquais pas non plus d’insignes de sociétés secrètes de chasseurs…A la place de cela m’attendaient, dans un élégant immeuble de style haussmannien, de beaux bureaux fonctionnels, avec plafond marbré et sol en parquet, équipés de tout l’éventail d’outils de travail indispensables à un « cabinet » digne de ce nom : ordinateurs, imprimantes, fax, photocopieuses, téléphones, scanners…et, surtout, une machine à café, « Nespresso » de surcroît…
Lors des tout premiers jours cela m’amusait de venir prendre une dosette de la couleur de mon choix et revivre en imagination cette pub, avec un George Clonney au sommet de son charme, mais que personne ne reconnaît.

3. Objectifs : 0 grosse gaffe

J’avais appris lors de mes cours de Master RH que l’intégration du nouveau collaborateur était une étape cruciale pour un recrutement réussi, c'est-à-dire durable. Lors de divers stages en entreprise, j’avais pu expérimenter par moi-même à quel point cela était important… Aussi je tentais d’appliquer ce que j’avais appris sur cette phase, pour réussir ma propre intégration.
Le terrain était favorable pour cela car, dans cette tanière de chasseurs de têtes médicales, je suis entourée de collègues sympathiques, disponibles, zen. Ces derniers ont en effet pris le temps de bien me montrer les fichiers à utiliser et m’expliquer plein d’éléments nouveaux pour moi. Ils n’attendaient pas non plus de moi que je sois opérationnelle immédiatement et m’ont encouragée à leur poser des questions si besoin. Pour une intégration réussie le nouvel embauché a également un rôle important à jouer. Ainsi, je me positionnais dés le départ comme une « prestatrice », considérant mes collègues comme clients internes, aussi importants, voire plus, que les candidats et clients. Ainsi, à chaque fois qu’un collègue m’accordait du temps et de l’énergie pour me former, je valorisais son expertise et lui montrait de la reconnaissance. Je pense qu’il est en effet important pour le nouvel embauché, de ne pas considérer ses collaborateurs comme des boîtes à infos, mais d’avoir bien conscience que cela coûte en temps et énergie. Dans ce même état d’esprit, lorsque j’ai une question à poser à un collègue, je ne lui pose pas la question derechef , j’attends d’abord que l’autre soit disponible et disposé à me répondre, puis je lui demande si je peux lui demander quelque chose, puis enfin je pose ma question. J’encourageais également mes collègues à m’exprimer leurs critiques sans ménagements, sans gants, pour éviter ainsi des non dits et m’aider à améliorer mon travail. J’avoue qu’un de mes collègues a pris cela au mot : il me fait ainsi part systématiquement de ses critiques, sans détours mais avec une intonation très posée, douce, et il termine toujours cela par un « ne le prends pas mal hein… » accompagné d’un sourire affable.
A suivre…

Au plaisir de lire vos réactions et commentaires.